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Midi Pyrenées

 

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Ariège

Superficie

4 890 km2

Point culminant

pic de Montcalm (3 080 m.).

Chef-lieu

Foix. 3 arrondissements, 20 cantons, 331 communes.

Population

136 455 hab. (recensement 1990)

Histoire

Le département de l'Ariège, formé en 1790, regroupe le comté de Foix et le Couserans. Peuplé par les Volques Tectosages et les Couserani, le pays fut conquis par les légions romaines au 1er av. J.-C. Il subit les invasions barbares (Wisigoths au 5ème, Sarrasins au 8ème). Reconquis par Charlemagne, il fut incorporé au duché d'Aquitaine, puis au comté de Toulouse et enfin au comté de Carcassonne. Au 11ème, le comte de Carcassonne partagea ses Etats et en 1012 son fils, Roger Bernard, devint le premier comte de Foix. L'hérésie cathare fît de nombreux adeptes dans le comté. Le comte de Foix soutint le comte de Toulouse en se rangeant du côté des albigeois. La croisade dévasta à plusieurs reprises le pays de Foix. Dernier refuge des cathares, le château de Montségur fut pris en 1244, après un très long siège : plus de 200 "croyants et parfaits" refusèrent d'abjurer leur foi et furent condamnés au bûcher. En 1290, le comte Roger Bernard IV hérita du Béarn. Dans sa tentative pour créer un état pyrénéen puissant et homogène, la nouvelle dynastie Foix-Béarn (notamment Gaston Fébus, le plus fameux d'entre eux) se heurta aux comtes d'Armagnac. Par le jeu de mariages successifs, le comté de Foix fut réuni à la Navarre, puis aux domaines des Albret. En 1607, Henri IV l'annexa définitivement à la Couronne. Au 19ème (1829-1872) sévit une lutte contre l'administration forestière pour le maintien des droits d'usage sur les forêts : ce fut la guerre des Demoiselles.

Géographie

Le département de l'Ariège se compose de deux régions fondamentalement différentes : la montagne ariégeoise et la plaine du Lauragais. La montagne occupe la majeure partie du territoire. Elle s'étage en trois chaînes successives s'abaissant vers le nord. Au sud, la zone dite axiale s'étend du pic de Crabère au col de Puymorens et comprend Montvallier et Montcalm, "culmen"du département. Formée de roches cristallines anciennes, elle a l'aspect d'un bourrelet massif coupé de vallées transversales. Elle se double de chaînons latéraux. Les cols y sont généralement élevés. Plus au nord, la montagne de Tabe, ou zone de l'Ariège, est un ensemble formé de roches sédimentaires aux sommets plus aigus. Des îlots de roches granitiques émergent par endroits. Enfin, les petites Pyrénées, ou Plantaurel, ensemble de chaînons calcaires jurassiques, constituent une sorte d'avant-monts d'altitude assez faible, entrecoupés de cluses. Des lacs de montagne occupent des dépressions glaciaires morainiques. Les rivières, souvent véritables torrents de montagne, découpent de profondes vallées. L'Ariège, le plus important affluent pyrénéen de la Garonne, a creusé son lit dans les accumulations glaciaires. Tout au nord du département s'étendent les larges vallées et les riches plaines de la basse Ariège et du Lauragais, formées de molasse. Le climat est de type pyrénéen, sauf dans la basse Ariège où il est nettement plus doux : les influences océaniques commencent à faire place aux influences méditerranéennes. La pluviosité est importante, l'enneigement prolongé, les étés sont chauds et orageux. Les activités agricoles sont variées : exploitation forestière et élevage dans les montagnes; polyculture et céréales dans les terres fertiles; élevage des oies et canards gras. L'industrie, déjà ancienne (métallurgie, industries textiles et alimentaires) connaît un certain renouveau grâce à l'exploitation du riche sous-sol et à l'énergie hydroélectrique. Des stations thermales (Aulus-les-Bains, Ax-les-Thermes, Ussat-les-Bains) jouent un rôle important dans la vie ariégeoise.

Arts, activités et économie

L'art est apparu en Ariège à l'aube de l'humanité. Les hommes du paléolithique ont orné de gravures rupestres les grottes dans lesquelles ils trouvaient refuge (Niaux, Lombrives, Massat). La grotte du Mas-d'Azil renferme un précieux gisement qui a laissé son nom à une période du paléolithique (l'azilien). La région du Mas-d'Azil conserve également des dolmens et des traces de voie romaine. St-Lizier, ancienne cité romaine, possède d'intéressants vestiges. L'art roman domine l'art religieux; une centaine d'églises rurales et quelques églises plus importantes appartiennent en tout ou partie à cette période. Citons les églises de St-Jean-de-Verges, Unac, Axiat, Ourjout, Ste-Suzanne, Castillon et la cathédrale de St-Lizier, sans oublier la très curieuse église semi-troglodytique de Vals. L'art gothique s'est épanoui à Pamiers, Mirepoix, Audressein et Camon. Certains édifices portent la marque de l'influence toulousaine. L'histoire de l'hérésie cathare se lit dans les ruines des châteaux forts : Roquefixade, Quérigut, Lordat et surtout Montségur, où les murailles se confondent avec les rochers, témoignent des heures glorieuses et tragiques que vécut le pays de Foix. Le château de Foix dresse ses 3 tours, symboles de sa puissance révolue. L'architecture médiévale se traduit également par des bastides au plan régulier (Mirepoix, le Mas-d'Azil, la Bastide de Sérou, Léran). En montagne, les villages sont presque tous d'une beauté austère, au milieu des champs et des pâturages où se dressent les bordes ou les orrys (cabanes de pierre sèche où les bergers trouvent refuge). De pittoresques quartiers anciens groupent leurs vieilles maisons à colombage au coeur des villes (Foix, St-Lizier), au pied des églises ou des châteaux.

Aveyron

Nom du département

Aveyron

Région

Midi-Pyrénées

Superficie

8 749 km2

Point culminant

le Mailhebiau 1 471 m.

Chef-lieu

Préfecture Rodez. 3 arrondissements. 45 cantons. 304 communes.

Population

270 141 hab. (recensement 1990)

Histoire

Le département de l'Aveyron, créé en 1790, recouvre à peu près le territoire de l'ancienne province du Rouergue. Peuplée à l'époque de la colonisation romaine par les Rutènes, tribu gauloise cliente des Arvernes, ayant pour capitale Segodunum (Rodez), la région connut les invasions barbares (Wisigoths, Francs, Sarrasins). Evangélisée selon la légende par st Martial, elle forma le diocèse de Rodez, et par démembrement de ce dernier, celui de Vabres. Dès le 9ème, le comté du Rouergue entra dans le domaine des comtes de Toulouse. Plusieurs seigneuries laïques (comté de Rodez, vicomté de Millau), ou religieuses (évêché de Rodez, domerie d'Aubrac, abbayes de Conques, Sylvanès, Bonnecombe, Loc-Dieu) s'y développèrent. Echue au 13ème à Alphonse de Poitiers, frère de St Louis, puis à sa mort aux rois de France, la province fut douloureusement marquée par les rivalités franco-anglaises au cours de la guerre de Cent ans. Elle fut quelque temps cédée à l'Angleterre par le traité de Brétigny en 1360. Elle eut à subir les brigandages des Grandes Compagnies de Routiers, menées par Rodrigue de Villandrando. Au 14ème, le comté de Rodez, transmis par mariage aux Armagnac, subit les destinées de cette puissante et remuante maison féodale. Il fut par la suite attribué aux ducs d'Alençon, à Marguerite d'Angoulême et par elle aux d'Albret, avant d'être définitivement rattaché à la Couronne par Henri IV. Les troubles religieux du 16ème ébranlèrent le Rouergue, demeuré catholique dans sa majorité. En 1643, eut lieu en bas Rouergue la révolte des Croquants, paysans écrasés par la misère et les impôts. En 1779, Villefranche-de-Rouergue devint la capitale d'une petite province (Quercy-Rouergue). Enfin, en 1808, St-Antonin et la basse vallée de l'Aveyron furent réunis à nouveau au département du Tarn-et-Garonne.

Géographie

Le département de l'Aveyron, situé sur la bordure méridionale du Massif central, a subi le contrecoup des soulèvements pyrénéens et alpins. Il forme une succession de plateaux étagés, une sorte de vaste cirque, bordé de massifs anciens, s'ouvrant au sud-ouest vers les douces collines du Quercy. La diversité géologique détermine trois régions géographiques différentes : Au nord et au nord-est se trouvent les monts d'Aubrac et leur prolongement, le plateau de la Viadène. Il s'agit d'un massif volcanique dissymétrique formé d'un socle granitique recouvert d'épaisses coulées de basalte, sillonné de vallées profondes. L'altitude y est élevée et décroît vers la vallée du Lot. Au centre et à l'ouest, le plateau du Ségala est un massif ancien constitué de schistes cristallins. Il présente l'aspect de collines entrecoupées de vallées profondes. Il est dominé à l'est par le plateau du Lévezou (1 155 m au puech du Pal) et la montagne des Palanges, tandis qu'à l'ouest, dans la région de Villefranche, le relief offre des caractères moins accentués. A l'est, à l'ouest et au sud, les Causses sont de hauts plateaux calcaires usés par l'érosion et parsemés de grottes, avens et résurgences. Les rivières ont sculpté au sud de véritables cañons. Le Larzac, le plus vaste des Causses, présente un relief ruiniforme où abondent les buttes-témoins. Le climat reçoit trois types d'influences : montagnardes, méditerranéennes et aquitaines. Il est généralement rude, particulièrement dans le nord; là, les hivers connaissent un enneigement prolongé. Au sud les étés sont chauds et secs. Le département a connu une industrialisation précoce grâce à l'exploitation dès le 18ème des réserves houillères du bassin de Decazeville. La métallurgie, les industries chimiques, alimentaires et textiles complètent l'activité du secteur industriel. L'agriculture est dominée par l'élevage : bovins dans l'Aubrac, mais surtout ovins dans les Causses. Le lait de brebis, recueilli par les coopératives, est acheminé vers les caves fromagères et assure une abondante production des célèbres fromages de Roquefort. L'Aveyron fournit en grande quantité d'énergie hydroélectrique.

Arts, activités et économie

Le patrimoine artistique et architectural de l'Aveyron est exceptionnellement riche et diversifié. L'abondance des vestiges, les très nombreux dolmens (l'Aveyron est le 1er département de France par leur nombre), menhirs et tumulus témoignent de la vitalité et de la permanence de l'habitat à l'ère préhistorique. Les statues-menhirs constituent un ensemble unique. L'atelier de la Graufesenque, le plus important de la Gaule romaine, a fourni une céramique sigillée d'une grande qualité. L'épanouissement religieux s'est manifesté ici avec un bonheur particulier. L'église de Conques, chef-d'oeuvre roman, est connue tant à cause de son architecture que de la richesse de son trésor. Cependant, elle ne doit pas faire oublier qu'il existe dans l'ensemble du Rouergue un grand nombre d'édifices romans, modestes églises ou simples chapelles rurales, où l'influence auvergnate apparaît dans un clocher-peigne, un bel appareil austère, ou un toit de lauzes (Perse, le Cambon.. ). L'art gothique, d'influence méridionale, a laissé un certain nombre d'églises remarquables (église de Najac, collégiale et chartreuse de Villefranche-de-Rouergue, églises de Rieupeyroux et St-Côme-d'Olt, chapelle des pénitents de St-Géniez-d'Olt..). Les rivalités féodales et les guerres ont nécessité la création de châteaux forts (Panat, Estaing, Loupiac, Séverac) dont il ne reste parfois que des ruines émouvantes (Aubin, Peyrusse, Calmont-d'Olt, Najac, Belcastel). Les villages se sont entourés de murailles (La Couvertoirade, La Cavalerie, bastide de Sauveterre, Saujas, St-Jean d'Alcas.. ou se sont dotés d'églises fortifiées pouvant servir de refuge (Inières, Ste-Radegonde, Boussac). L'art de la Renaissance est représenté par les châteaux de Bournazel, de Graves, de Sauvensa, d'Espalion, ou les belles maisons de Rodez. Le 17ème a vu s'édifier l'ancien évêché de Rodez, le château de Sambucy et quelques beaux hôtels particuliers. Une autre grande richesse du Rouergue est constitué par le grand nombre de villages ou hameaux pittoresques (Najac, Conques, Entraygues, Estaing, Cantobre, Combret, St-Sernin-sur-Rance, Rodelle, St-Côme-d'Olt). Les grandes villes (Millau, Rodez et Villefranche) ont préservé avec soin leurs vieux quartiers pleins de charme. L'architecture rurale traditionnelle variée, d'une beauté un peu sévère, reste en parfaite harmonie avec le paysage. Une vie culturelle active est le complément logique de la richesse du patrimoine; on retiendra la Revue du Rouergue, la société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron et la revue trimestrielle "Vivre en Rouergue" publiée sous l'égide de la préfecture (remarquables monographies communales de Jean Delmas, archiviste départemental).

Haute-Garonne

Superficie

6 372 km2

Point culminant

pic de Perdiguère (3 222 m), commune d'Oô.

Chef-lieu

Toulouse. 3 arrondissements. 50 cantons. 587 communes.

Population

925 962 hab. (recensement 1990)

Histoire

Le territoire de l'actuel département de la Haute-Garonne était peuplé avant la colonisation romaine par les Convènes, dont la capitale était Lugdunum Converanum (St-Bertrand-de-Comminges) et par les Volces Tectosages, dont la capitale était Tolosa (Toulouse). Après la conquête romaine, il fut incorporé à la Narbonaise et à la Novempopulanie. La région fut évangélisée au 3ème par st Saturnin (St-Sernin). Au 5ème déferlèrent les invasions barbares (Vandales, Alains, Suèves). Les Wisigoths firent de Toulouse la capitale de leur royaume, auquel succéda au 7ème, le duché, puis au 8ème le royaume d'Aquitaine. Enfin s'organisèrent le comté de Comminges et le comté de Toulouse qui étendait son pouvoir sur une grande partie du Languedoc. Au 12ème et au 13ème, l'hérésie cathare se propagea dans toute la région, sous la protection des comtes de Toulouse. Elle connut une ampleur telle qu'elle fut suivie de la croisade dite des albigeois, menée par Simon de Montfort, puis par son fils Amaury. En 1229, le traité de Paris rétablit la paix et décida le mariage de l'héritière du comté de Toulouse avec Alphonse de Poitiers, frère de St Louis. En 1271, le comté fut réuni à la Couronne; celui de Comminges ne le fut qu'en 1453. Le Languedoc connut de nouvelles heures dramatiques lors du soulèvement du duc de Montmorency contre Richelieu.

Géographie

Le département de la Haute-Garonne correspond au cours supérieur de la Garonne qui traverse des zones géographiques très distinctes. Issu du Val d'Aran espagnol, le fleuve pénètre en France au Pont-du-Roi dans une région montagneuse appartenant à l'échine granitique des Pyrénées centrales. C'est alors un torrent de haute montagne, aux eaux vives et à forte pente. A St-Béat, il reçoit la Pique, autre torrent pyrénéen dont la vallée est dominée par les plus hauts sommets du département. A Montréjeau, la Garonne fait un coude et, jusqu'à St-Martory où elle franchit les petites Pyrénées, s'écoule au fond d'une plaine occupant le site d'un ancien lac qui servait de régulateur du fleuve. Au nord-est, s'étalent les coteaux d'alluvions glaciaires du Comminges et du Nébouzan. Après St-Martory, se développe la grande plaine toulousaine constituée de riches alluvions pyrénéennes. La Garonne s'enrichit du Salat, de l'Arize et de l'Ariège. A Toulouse, elle reprend son orientation nord-ouest et s'élargit encore, bordée à l'ouest par les coteaux du Nébouzan et les douces collines de la Lomagne, à l'est par les coteaux de St-Félix. Le climat diffère en fonction de l'altitude : dans les parties montagneuses, les hivers sont froids et enneigés, les étés frais et pluvieux; dans les plaines, les hivers sont doux, les étés chauds et secs. Les montagnes se consacrent à l'élevage ovin; les plaines fertiles produisent en abondance céréales, cultures fruitières et maraîchères; les coteaux de la vigne. L'élevage de bovins, de porcins et de volailles (oies et canards gras) y est prospère. L'industrie connaît un grand développement dans des secteurs de pointe (aéronautique, électronique, industrie chimique).

Arts, activités et économie

La civilisation préhistorique est représentée par la grotte d'Aurignac qui a donné son nom à une période du paléolithique, l'aurignacien. La civilisation gallo-romaine a laissé d'importants témoignages : vestiges de St-Bertrand-de-Comminges, villas de Montmaurin, Valentine et Chiragan à Martres-Tolosane. L'art roman s'est affirmé de façon remarquable à l'église St-Just de Valcabrère et à la basilique St-Sernin de Toulouse, l'une des plus grandes églises romanes de la chrétienté. Le gothique s'est exprimé dans la région toulousaine sous une forme qui lui est particulière : nef unique, chapelles logées entre les contreforts, chevet polygonal, clocher octogonal; les églises de Martres-Tolosane, St-Bertrand-de-Comminges, Muret, Grenade-sur-Garonne, Rieux, St-Félix-Lauragais, la cathédrale St-Etienne, l'église N.-D.-du-Taur et l'église des jacobins de Toulouse se rattachent au gothique languedocien. Dans le Lauragais, certains édifices, sont ornés d'un puissant clocher-mur : Villenouvelle, Villefranche-de-Lauragais, Nailloux, Montgiscard, Montgeard. On retrouve les bastides, si caractéristiques du Sud-Ouest, à Grenade, l'Isle-en-Dodon, Montesquieu-Volvestre, Revel, mais aussi dans le Lauragais (Baziège, Villenouvelle, Villefranche-de-Lauragais). Mais c'est à Toulouse, ville d'art exceptionnelle, que se trouve la plus grande concentration de monuments intéressants : outre les églises déjà citées, mentionnons N.-D.-la-Daurade, N.-D.-la-Dalbade, St-Pierre, St-Jérôme, St-Nicolas, un grand nombre d'hôtels particuliers (hôtels d'Assézat, de Bernuy .. ), de belles maisons anciennes, des musées exceptionnels, et le célèbre Capitole témoignent de l'histoire de Toulouse, du Moyen Age au 18ème; Toulouse demeure un important centre artistique et culturel et joue le rôle de capitale régionale.

Gers

Superficie

6 299 km2

Point culminant

chapelle St-Roch, 380 m (Monlaur-Bernet).

Chef-lieu

Auch. 3 arrondissements. 31 cantons. 462 communes.

Population

174 587 hab. (recensement 1990)

Histoire

Peuplé avant la colonisation romaine par les Elusates, les Lactorates et les Ausci, l'actuel département du Gers fut conquis par Crassus et les légions de César. Il fut alors incorporé à l'Aquitaine, réorganisée par Auguste et dénommée "Novempopulanie", avec Elusa (Eauze) pour capitale. L'évangélisation intervint de bonne heure et fut marquée dès le 4ème par la création de l'évêché d'Auch (archevêché au 9ème). Après les invasions barbares (Wisigoths, Vascons, Sarrasins), la province forma le duché héréditaire de Gascogne, bientôt démembré en plusieurs seigneuries (comtés d'Armagnac, de Fezensac, d'Astarac, de Gaure, de Pardiac, vicomtés de Fezensaguet et de Lomagne). Par le jeu des alliances et des successions, la plupart de ces domaines furent réunis entre les mains des puissants comtes d'Armagnac. La Gascogne suivit le sort de l'Aquitaine et fut l'enjeu de rivalités franco-anglaises. Sous le règne de Charles VI, le connétable Bernard VII d'Armagnac anima le parti des Armagnacs, soutien du roi de France, violemment opposé au parti des Bourguignons, favorables au roi d'Angleterre. Le comte Jean V commit l'imprudence de se rebeller contre Louis XI, qui fit occuper Lectoure en 1473, mettant ainsi fin à la puissance et à la lignée des Armagnac. François 1er attribua le comté à sa soeur, Marguerite d'Angoulême, reine de Navarre. Le pays vit le développement de la Réforme, subit les ravages des troupes catholiques de Monluc, puis protestantes de Montgomery, avant d'être rattaché à la Couronne par Henri IV en 1607. Au 17ème, les cadets de Gascogne s'illustrèrent dans la compagnie des Mousquetaires. Au 18ème, la Gascogne connut une ère de renouveau, sous l'administration remarquable de l'intendant d'Etigny, qui développa les voies de communication et favorisa le commerce des vins. A la même époque, l'archevêque d'Auch, François de Montillet, construisit le nouvel archevêché, actuellement occupé par la préfecture.

Géographie

Le Gers dépend du Bassin aquitain. Le plateau tertiaire descendant des Pyrénées vers la Garonne a été façonné par le ruissellement de torrents résultant de la débâcle glaciaire du quaternaire. Issues du plateau du Lannemezan, les rivières se déploient en éventail; elles dessinent un système de vallées séparées par des coteaux de faible altitude au profil dissymétrique, les versants tournés vers l'ouest étant plus abrupts, ceux vers l'est s'étendant en pente douce. Sur les crêtes réapparaît le calcaire originel, alors que le fond des vallées est constitué de dépôts alluvionnaires plus récents. Les rivières nombreuses, mais de débit irrégulier (la Save, la Gimone, l'Arrats, le Gers, la Balise et l'Osse) sont tributaires du bassin de la Garonne; la Douze, le Midour et l'Arros de celui de l'Adour. Le climat, de type aquitain, reçoit des influences pyrénéennes plus sensibles dans le sud; les vents d'ouest dominent, entraînant humidité et instabilité. Le département a une vocation agricole très marquée: il est même le plus agricole de France (70 % de la population vit de l'agriculture); les céréales et surtout la vigne dominent la production; l'élevage bovin est le plus important, mais les porcins et surtout les volailles (poulets, dindes, oies et canards gras) tiennent une place importante dans l'économie. L'activité industrielle résulte de l'activité agricole : distilleries (eau-de-vie d'Armagnac) et conserveries (foies gras et confits) sont les secteurs les plus développés. Nature La vocation agricole du Gers en fait un pays vert qu'aucune industrie polluante ne vient défigurer.

Arts, activités et économie

Le Gers ne possède que peu de vestiges préhistoriques ou protohistoriques et si l'on relève quelques tumuli, beaucoup ne sont que de simples mottes féodales. La période gallo-romaine a laissé plus de témoignages : piles gallo-romaines (Biran, Roquebrune, Lasserre), superbe mosaïque polychrome de Séviac, vestiges d'Auch, Eauze et Lectoure (autels tauroboliques). Le patrimoine d'art sacré est particulièrement riche. L'art roman s'impose dans l'ensemble du département avec de modestes églises rurales (Luzannet, Bouzonnet, Ste-Germaine) à chevet plat ou abside semi-circulaire, souvent agrémentées d'un clocher-mur, ou quelques églises plus importantes (Lialorès, Mouchan, Vopillon, Sabazan), mais surtout avec l'abbaye de Flaran, bel exemple d'architecture cistercienne. L'art gothique méridional, caractérisé par une large nef unique, un chevet polygonal et des chapelles logées entre les contreforts, a influencé des édifices plus imposants (Lectoure, Condom, Mirande, Eauze, Fleurance, la Romieu). Certains ont reçu l'influence de l'art toulousain (Lombez, Simorre). La cathédrale d'Auch, une des plus tardives de France, représentative de l'architecture septentrionale, semble isolée dans le département : elle comporte un remarquable ensemble sculpté du 16ème et une série de vitraux dus à Arnaud de Moles, à qui l'on doit également ceux de l'église de Fleurance. Les troubles dus à la rivalité franco-anglaise aux 13ème et 14ème ont entraîné un grand déploiement d'architecture défensive. Des châteaux gascons servant de postes de surveillance ont été édifiés de part et d'autre de frontières mouvantes (le Tauzia, Mansencôme, Balarin). Dans le même temps, chacun des deux camps créait des bastides afin de s'assurer la suprématie dans une région troublée : Montréal, Mauvezin, Gimont, Cologne, Valence et Fleurance ont conservé leur plan caractéristique (rues à angle droit, place centrale à arcades), mais il convient de faire une place à part à la bastide circulaire de Fourcès. De nombreux villages gardent des restes de remparts ou des portes de ville fortifiées. Mentionnons encore le donjon de Bassoues, la tour de Termes, le château de Herrebouc et le pittoresque village fortifié de Larressingle, parfaites illustrations de l'architecture militaire gersoise. Le château de Lavardens constitue un surprenant exemple de l'architecture du début 17ème. L'art classique a inspiré les hôtels particuliers de Condom et Lectoure, ainsi que l'ensemble 18ème d'Auch (intendance, archevêché, hôtel de ville, pont de la Treille). De vieux moulins à vent et de belles fermes gasconnes à colombage jalonnent la campagne gersoise. L'on assiste actuellement à un renouveau et à une mise en valeur du patrimoine départemental : maisons anciennes aménagées en résidences secondaires; belles demeures, chartreuses, anciennes maisons fortes acquises et restaurées par des citadins (et même des ensembles architecturaux complets comme Lagarde-Fimarcon); Auch, ville d'art et d'histoire, a su concilier la protection du passé avec l'évolution contemporaine, transformer un chef-lieu administratif en centre économique moderne, procéder à des équipements en réhabilitant un monde rural trop longtemps délaissé.

Lot

Superficie

5 228 km2

Point culminant

Labastide-du- Haut-Mont (781 m).

Chef-lieu

Cahors . 3 arrondissements. 30 cantons. 340 communes.

Population

155 816 hab. (recensement 1990)

Histoire

Le territoire de l'actuel département du Lot, créé en 1790, a connu, à l'époque préhistorique, une importante occupation du sol, les nombreuses grottes fournissant à l'homme des conditions de vie favorables. Lors de la conquête romaine, il était peuplé par les Cadurces (ou Cadourques), tribu industrieuse et commerçante, qui eut le courage de résister longtemps à César. Incorporée à la Deuxième Aquitaine, la région fut envahie par les Wisigoths au 5ème, puis récupérée par les rois francs dès le 6ème. Le Quercy devint au 8ème un comté rattaché au royaume d'Aquitaine avec Cahors, ville diocésaine, comme chef-lieu; puis en 849, il constitua une dépendance du comté de Toulouse. A la fin du 11ème, dans le contexte d'une nouvelle politique ecclésiastique fondée sur la réforme grégorienne et les institutions de paix, le pouvoir temporel et moral de l'évêque s'affermit et put faire face aux puissantes maisons féodales. Par une charte de 1090, le comte de Toulouse donna à l'évêque le titre de comte et la seigneurie de la ville (qu'il ne devait partager avec le roi de France qu'en 1306). Au cours du 12ème, par le remariage d'Aliénor d'Aquitaine, le Quercy passa sous la tutelle des Plantagenêts : st Thomas Becket tint garnison à Cahors. Au 13ème, la province fut cruellement touchée par la croisade contre les Albigeois. Au cours des guerres anglaises, elle fut l'objet de rivalités et changea plusieurs fois de mains. Attribuée aux Anglais par le traité de Brétigny en 1360, elle fut réunie au domaine royal par Charles V. Les guerres de Religion y furent particulièrement âpres, Cahors et le haut Quercy étant demeurés catholiques, face à Montauban, bastion du protestantisme. Patrie du pape Jean XXII, des poètes Clément Marot et Olivier de Magny, du maréchal Bessières, de Joachim Murat, roi de Naples, de l'égyptologue Champollion et de Gambetta.

Géographie

Le département du Lot appartient au Bassin aquitain, à son contact avec le Massif central. Au nord-est se trouve la Châtaigneraie, région granitique qui, par son relief, son climat et la nature de son sol, fait partie du Massif central. Le Limargue, zone rendue fertile par des affleurements de marne, la sépare des Causses. Le haut Quercy est une large bande de calcaires jurassiques durs et fissurés; il comprend les Causses de Martel (nord de la Dordogne), de Gramat (entre Lot et Dordogne) et de Limogne (au sud du Lot); ce sont des plateaux secs et perméables où la décomposition des roches a creusé de petites dépressions fertiles, les "cloups", ou des puits verticaux, les "igues"; les eaux se perdent en un réseau souterrain complexe, avant de réapparaître sous forme de résurgences; les cours d'eau plus importants, le Lot, la Dordogne et leurs affluents, ont creusé des vallées encaissées, couloirs de verdure où se sont concentrées les agglomérations. Le sud-ouest du département est occupé par une partie du bas Quercy, ou Quercy blanc, région de cultures variées, au relief vallonné. Le climat, de type aquitain méridional, reçoit des influences venues du Massif central particulièrement sensibles sur les plateaux. A la fin 19ème, le Lot connut une crise économique grave, due au phylloxéra, qui eut pour conséquence la perte des 2/3 de son vignoble, l'accélération de l'exode rural et l'arrêt de petites industries, telle que l'industrie textile. Morcelé en un grand nombre de petites propriétés agricoles, le département fournit toujours d'excellents vins rouges, des truffes, des céréales et des noix. Il est également gros producteur de tabac. Le Lot est peu industrialisé, à l'exception de la conserverie alimentaire qui est en plein développement. La nature Le Lot qui, par ses couleurs et ses lumières, fait déjà partie du Midi, a reçu le surnom de "Terre des Merveilles" en raison de ses paysages sauvages, grandioses et toujours préservés. Sur les Causses, la garouille (forêt clairsemée de chênes truffiers) alterne avec des champs de lavande et de vastes étendues rocailleuses et stériles, où paissent les moutons caussenards dits "à lunettes". Villages et châteaux, perchés sur des à-pics rocheux dominant des gorges profondes, constituent d'étonnants belvédères : Rocamadour, deuxième site de France, en demeure le plus surprenant exemple. Les vallées de la Dordogne, du Lot et du Célé sont de véritables oasis de fraîcheur et d'ombrage, propices aux activités agricoles (tabac, céréales, fruits et légumes). Les coteaux de "Cahors" se couvrent de vignobles, tandis que le Quercy blanc, fait de paysages plus doux, est le domaine de la polyculture. C'est aussi par la richesse de son réseau souterrain que le Lot mérite son surnom; à côté du gouffre de Padirac, mondialement connu, il faut citer d'autres grottes ou gouffres moins renommés, mais également remarquables par leur décor somptueux : grottes de Lacave, Presque, Marcillac, Cougnac, Pech-Merle. Pour permettre de découvrir ses richesses naturelles et d'apprécier ses spécialités culinaires de tout premier ordre, le Lot dispose d'une grande capacité d'accueil rural (gîtes ruraux, camping, camping à la ferme, location de roulottes), en outre le département a su se doter d'équipements collectifs favorisant les activités sportives et les loisirs diversifiés.

Arts, activités et économie

La préhistoire a laissé dans le département des vestiges aussi nombreux que précieux (peintures et gravures rupestres des grottes de Cougnac et de Pech-Merle, hauts lieux de la civilisation et de l'art paléolithique). Sur les Causses, se dressent de nombreux dolmens et monuments mégalithiques (dolmen de la Pierre Martine). Des périodes gauloises et gallo-romaines subsistent essentiellement les vestiges à Cahors et les oppidums de Luzech, du Puy d'Issolud, Murcens et Capdenac. La cathédrale St-Etienne de Cahors marque un jalon de l'art roman particulier au Sud-Ouest, avec le voûtement de la nef en une série de coupoles, et le portail nord historié comme à Moissac. Les diverses expériences de l'époque romane se sont exprimées aussi dans de nombreux monastères comme à Duravel, Souillac, Catus, Carennac, le Bourg, les Arques. L'art gothique laisse une empreinte importante dans les églises du Quercy, de Gourdon à Martel, du Vigan à St-Cirq-Lapopie, de Salviac à Figeac. L'architecture médiévale se manifeste encore dans l'urbanisme des nombreuses bastides créées à partir du 12ème, telles Montcabrier, Montfaucon, Puybrun, Castelfranc, Castelnau-Montratier, Bretenoux, Beauregard, Rudelle, Labastide-du-Haut-Mont, Labastide-de-Murat, Labastide- du-Vert, Labastide-Marnhac. Les troubles politiques ont entraîné la construction d'églises fortifiées (St-Pierre-Toirac et surtout Rudelle), ayant l'aspect de véritables forteresses. L'architecture défensive s'est également exprimée par les châteaux forts de Lacapelle- Marival, Aynac, Castelnau, Mercuès, Belcastel, Gontaut-Biron à Cabrerets, les restes des ensembles fortifiés de Rocamadour, Martel-Luzech et Cahors (la Barbacane et le pont Valentré, l'un des plus beaux de France). De nombreuses grottes ont été fortifiées et sont généralement désignées sous le nom de château des Anglais. Le château et l'église d'Assier, les châteaux de Montal et de Cènevières sont inspirés de l'art italianisant de la Renaissance. Les châteaux de Loubressac et de la Treyne reflètent l'élégance du 17ème. De beaux ensembles architecturaux regroupent de pittoresques maisons anciennes (Rocamadour, St-Cirq-Lapopie, Carennac, Espagnac, Ste-Eulalie, Gourdon, Martel, Autoire, Figeac). Quant à l'architecture paysanne, si elle est citée en dernier, elle n'est pas des moindres; il faut souligner le caractère remarquable de l'habitat rural : la maison quercynoise est haute, construite en. pierre, couverte d'un toit à forte pente (tuiles plates dans le haut Quercy, tuiles canal dans le bas Quercy); elle s'agrémente souvent d'un pigeonnier carré qui lui confère l'aspect d'un petit château. Les Causses sont parsemés de cabanes de pierres sèches, les cazelles ou gariottes, qui servent d'abri aux bergers; frustres, mais aux formes variées, ces constructions ont aussi contribué à façonner le paysage si particulier du Lot où le quotidien éveille encore les échos de l'histoire.

Hautes-Pyrénées

Superficie

4 507 km2

Point culminant

le Vignemale (3 298 m).

Chef-lieu

Tarbes. 3 arrondissements. 32 cantons. 475 communes.

Population

224 759 hab. (recensement 1990)

Histoire

Peuplée par la tribu aquitaine des Bigerriones, la région fut conquise par les légions romaines de Crassus au 1er av. J.-C. et incorporée à la "Novempopulanie", avec Tarbes pour capitale. Elle fut évangélisée dès le 5ème et eut de nombreux martyrs. Du 6ème au 9ème, les invasions barbares se succédèrent, causant d'importants ravages. A partir du 9ème, se forma le comté héréditaire de Bigorre, sous la suzeraineté des ducs de Gascogne, puis des rois d'Aragon, enfin des rois de France (13ème). En 1360, le traité de Brétigny attribua la Bigorre aux Anglais qui n'en furent chassés qu'en 1406. En 1426, le roi de France récompensa Jean Ier de Foix-Béarn en lui donnant le comté. La Bigorre fut alors rattachée aux domaines des comtes de Foix-Béarn, puis de leurs héritiers, les rois de Navarre, avant d'être annexée à la Couronne en 1607 par Henri IV. Du 10ème au 15ème, le Lavedan forma une vicomté vassale des comtes de Bigorre, constituée de 7 vallées dotées de franchises importantes; de même, le pays des Quatre-Vallées (Nestès, Aure, Magnoac et Barousse) possédé par les comtes d'Aure, puis leurs cadets les vicomtes de Labarthe et enfin les comtes d'Armagnac, formait une sorte de souveraineté et se donna en 1475 au roi de France, tout en maintenant ses privilèges. Les guerres de Religion causèrent de nouveaux ravages dans un pays demeuré dans son ensemble catholique, face à la protestante Jeanne d'Albret, reine de Navarre; la paix fut rétablie au 17ème. Au 18ème, l'intendant d'Etigny favorisa le renouveau économique de la province, par la création de routes et l'impulsion donnée au thermalisme. Formé en 1790, le département connut un nouvel essor aux 19ème et 20ème : développement de l'industrie, du tourisme et du thermalisme, pèlerinages de Lourdes.

Géographie

Le département se compose de 3 régions principales : les montagnes au sud, le plateau de Lannemezan au nord-est, le piémont au nord-ouest. Les montagnes sont caractérisées par des massifs élevés et des vallées courtes et isolées; elles correspondent à 2 zones géographiques : celle dite axiale, faite de roches cristallines anciennes où se trouvent les plus hauts sommets, dont le Vignemale (culmen des Pyrénées françaises); la zone de chaînons plissés dans des roches sédimentaires. Le plateau de Lannemezan, constitué de cailloux roulés, graviers et argiles, est le résultat de la débâcle quaternaire des glaciers du Néouvielle, et fait office de château d'eau. Le piémont est occupé par les coteaux de Bigorre dominant la large vallée alluviale de l'Adour; il est sillonné de cours d'eau, appartenant aux bassins de la Garonne ou de l'Adour, qui reçoivent l'apport de nombreux torrents et lacs de montagne. Le climat de type montagnard subit des influences atlantiques caractérisées par une pluviosité importante en altitude et une douceur des températures en plaine; la neige est abondante en montagne, mais dure peu dans les parties basses du département. L'agriculture est principalement consacrée à l'élevage ovin et bovin et aux céréales; l'exploitation forestière tient une place importante. L'industrie, bien diversifiée, se concentre surtout à Tarbes et Lannemezan. Le sous-sol est riche en marbre, ardoise et pierre calcaire. Le département fournit une importante énergie électrique.

Arts, activités et économie

L'art préhistorique se manifeste par des grottes ornées de gravures rupestres; la période protohistorique a parsemé de tumulus les plateaux de Ger et de Lannemezan, et laissé de très nombreux oppidums. Les vestiges gallo-romains sont peu importants mais très nombreux. L'art sacré s'est épanoui à la période romane; les pèlerinages de St-Jacques-de-Compostelle ont entraîné la construction de très nombreuses églises ou chapelles rustiques (clocher-mur, tympan orné d'un chrisme, parfois de belles fresques); il convient de faire une place à part à quatre églises plus importantes qui présentent des caractères communs : les abbatiales de St-Orens, St-Savin, St-Sever de Rustan, et la cathédrale Notre-Dame-de-la-Sède à Tarbes; l'art gothique a inspiré les églises de Nestalas, Monléon-Magnoac, Bourisp, Ibos, Trie, Castelnau-Magnoac, Castelnau-Rivière-Basse, Bagnères, etc., ainsi que les remarquables clochers de Baudéan et Campan. Le mobilier sacré est intéressant, notamment les nombreux retables dus à une dynastie d'artistes bigourdans, les Ferrère, d'Asté; les pèlerinages de Lourdes ont entraîné la construction de sanctuaires à l'architecture contestable, mais imposante. Les châteaux forts dus aux guerres féodales alternent avec les bastides au plan régulier, résultant de l'occupation anglaise. Un peu partout on rencontre de beaux villages aux maisons et aux granges de cailloux roulés ou de pierre et aux toits d'ardoise; la variété des types d'architecture rurale et bourgeoise des Hautes-Pyrénées est l'image même de la diversité qui caractérise la région.

Tarn

Superficie

5 780 km2

Point culminant

roc de Montalet près de Lacaune (1 356 m.)

Chef-lieu

Albi. 2 arrondissements. 42 cantons. 324 communes

Population

342 723 hab. (recensement 1990)

Histoire

Le territoire de l'actuel département du Tarn connut une importante occupation du sol à l'époque paléolithique. Peuplé par la tribu gauloise des Rutènes, le pays fut conquis par les Romains au 1er avant J.-C. et forma la "Civitas Albigensium", incorporée à l'Aquitaine Première. A partir du 5ème eurent lieu les invasions barbares (Vandales, Suèves, Wisigoths, Francs, Sarrasins) qui marquèrent la fin de la civilisation gallo-romaine. Intégré à la Septimanie, l'Albigeois eut par la suite des comtes particuliers, puis des vicomtes (les Trencavel) sous la suzeraineté des comtes de Toulouse. L'hérésie cathare fit de très nombreux adeptes, connus sous le nom d'Albigeois; afin de lutter contre la grave menace que le catharisme faisait peser sur le pouvoir féodal, les chevaliers du nord de la France s'unirent, sous le commandement de Simon de Montfort : la croisade contre les Albigeois ravagea tout le pays (massacre de Lavaur en 1211); Simon de Montfort se fit attribuer les domaines des Trencavel, que son fils remit à Philippe-Auguste en 1222; la mise en place de l'Inquisition mit un terme à l'hérésie. La Réforme se répandit dans la région; Castres devint même place forte protestante, face à Albi, demeurée aux mains des catholiques. L'édit de Nantes assura la tolérance religieuse; sa révocation fut marquée par de graves désordres, et de 1702 à 1710 eurent lieu, dans les montagnes de la région de Castres, quelques opérations mineures liées à la guerre des camisards. Une tradition industrielle ancienne permit au 19ème un épanouissement économique (industries de la laine, mines et métallurgie).

Géographie

Le département du Tarn appartient à une zone de contact entre le Bassin aquitain et le Massif central. Il présente l'aspect d'un amphithéâtre de plateaux et de collines inclinés vers le sud-ouest, bordés à l'est par des montagnes cristallines. Du Massif central dépendent les montagnes primaires qui constituent la bordure orientale du Tarn; il s'agit de plateaux schisteux de faible altitude (Grésigne, Ségala, haute vallée du Dadou), ou de massifs de granit, de schiste et de gneiss au sud-est (monts de Lacaune, Sidobre, Montagne Noire). Les hauteurs ayant subi le contrecoup du soulèvement pyrénéen se dressent jusqu'à 1 260 m. Les rivières s'y sont frayé un passage en creusant des gorges profondes. Présentant les caractères d'un relief de côte, une zone de collines formées par les dépôts de cailloutis résultant de l'érosion du Massif central assure la transition avec la plaine aquitaine tertiaire, sablonneuse et caillouteuse. Le Tarn et ses affluents, l'Agout et le Dadou, occupant trois vallées larges et riantes, traversent le département et vont porter leurs eaux au bassin de la Garonne. Le climat résulte de la double appartenance du Tarn au Massif central et au Bassin aquitain : les influences océanes viennent tempérer les influences continentales. La proximité de la Méditerranée se fait également sentir. Les vents d'ouest dominants entraînent douceur et humidité; les vents du nord-est sont secs et froids. L'agriculture se présente sous des visages très diversifiés exploitation et élevage sur les hauteurs; céréales, fruits, légumes et primeurs dans les vallées et les plaines; vignes sur les coteaux du Gaillacois. L'industrie occupe une place importante : mines et carrières, produits chimiques, métallurgie, industrie alimentaire, délainage et industrie textile.

Arts, activités et économie

Le patrimoine artistique du Tarn est d'une exceptionnelle richesse. Un important outillage paléolithique, de très nombreux dolmens, menhirs et statues-menhirs, des statues et de la poterie gallo-romaines, des sarcophages de marbre de l'école d'Aquitaine (6ème au 8ème) témoignent d'une civilisation lointaine et parfois peu connue. Sous l'impulsion des grandes abbayes, l'art roman s'est épanoui en Albigeois du 11ème au 13ème; il est représenté par de belles églises (Ambialet, Roumanou, Caladen, St-Michel de Gaillac), ou d'intéressantes chapelles rurales (St-Vaast à Coufouleux, Lasplanques à Tanus, les Infournats à Jouqueviel), mais surtout par les églises de Lescure et de Burlats, chefs-d'oeuvre du roman albigeois. Le retour de la paix religieuse fut marqué, au 13ème, par l'avènement de l'art gothique, le monument le plus remarquable est la cathédrale Ste-Cécile d'Albi, imposante masse de brique rose, qui reçut aux 15ème et 16ème une décoration éblouissante (jubé flamboyant, peintures de la voûte) : c'est le chef-d'oeuvre du gothique languedocien, dont les églises St-Salvy d'Albi, St-Alain de Lavaur, celles de Cordes, Rabastens et Vieux sont autant d'illustrations. L'Albigeois possède également de beaux châteaux (Castelnau-de-Lévis, Penne, St-Géry, le Cayla), de belles maisons médiévales à Burlats (pavillon d'Adélaïde), Puycelci, Lautrec. On note aussi de remarquables ensembles architecturaux : villes fortifiées ou anciennes bastides au plan si caractéristique (Valence-d'Albigeois, Pampelonne, Castelnau-de-Montmiral, Réalmont); Albi avec son ensemble épiscopal (cathédrale et palais de la Berbie) et ses vieilles maisons de brique; Castres et ses pittoresques maisons des bords de l'Agout, ses beaux hôtels des 16ème et 17ème, la cathédrale et l'ancien évêché à l'élégance classique 17ème et 18ème. Il faut faire une place à part à Cordes, qui a conservé son aspect médiéval, avec ses portes d'enceinte, ses ruelles abruptes et ses maisons gothiques, tout en redevenant une cité artisanale active et créatrice.

Tarn-et-Garonne

Superficie

3 716 km2

Point culminant

303 m.

Chef-lieu

Montauban. 2 arrondissements. 28 cantons. 195 communes.

Population

200 220 hab. (recensement 1990)

Histoire

Le département a été formé en 1808 avec des fragments détachés des départements voisins. Il regroupe des parties du Quercy, de la Lomagne, du Rouergue, de l'Agenais et du Toulousain et constitue une frontière entre le Languedoc et la Guyenne. Peuplé par diverses tribus gauloises, il fut conquis par les Romains au 1er avant J.-C. Du 5ème au 8ème, il connut le défilé des envahisseurs barbares. Du 10ème au 13ème, les comtes de Toulouse dominèrent la région, tandis que se développait la puissance de l'abbaye de Moissac et des vicomtes de Lomagne, puis de leurs héritiers, les comtes d'Armagnac. La région fut touchée par la croisade contre les Albigeois. Les guerres franco-anglaises y firent de nouveaux ravages et, en 1360 par le traité de Brétigny, la région fut soumise à l'autorité du roi d'Angleterre, qui se maintint jusqu'en 1420. Au cours des guerres de Religion, la région eut à subir pillages, saccages et luttes sanglantes. Montauban fut reconnue place de sûreté calviniste par l'édit de Nantes. Assiégée sans succès par les armées de Louis XIII en 1621, la ville dut se soumettre sans combattre en 1629 et Richelieu fit démanteler les fortifications. A la révocation de l'édit de Nantes, en 1685, une série de mesures répressives provoqua un arrêt du développement économique qui ne reprit qu'au 18ème.

Géographie

Le Tarn-et-Garonne comprend 4 zones géographiques distinctes. L'est, entre l'Aveyron et la Lère, fait partie du Rouergue : c'est le domaine du causse de Limogne, plateau calcaire que l'Aveyron entaille de gorges profondes, où affleurent des bancs d'argile du lias. Au nord-ouest, le bas Quercy ou Quercy blanc déroule des plateaux allongés, comme dans le haut Quercy, mais les vallées s'y élargissent et deviennent très fertiles. Au centre se situe la vaste plaine alluviale formée par les confluents de la Garonne, du Tarn et de l'Aveyron : la richesse du sol et la disposition en terrasses étagées à bonne exposition en font une région agricole privilégiée. Au sud-ouest, viennent mourir les collines molassiques de l'Armagnac, délimitées par le cours de la Gimone et de l'Arrats. Le climat, de type aquitain, reçoit des influences continentales dues à la proximité du Massif central; les vents d'ouest dominent, apportant une certaine humidité; l'"autan", vent froid venu de la Montagne Noire est encore sensible ici; les vallées abritées bénéficient d'un climat plus doux. Le département est essentiellement agricole (cultures fruitières, maraîchères et vigne). Il n'existe pas d'industries importantes, mais beaucoup de petites entreprises industrielles spécialisées. Ce département possède peu de sites exceptionnels, il séduit par ses paysages harmonieux, ses fermes et ses villages, ses champs et ses prairies; la région a su se tenir à l'écart des transformations trop hâtives de l'industrialisation et du tourisme incontrôlé. Les terrasses dominant la Garonne, le Tarn et l'Aveyron sont le domaine d'élection des champs de céréales ou de primeurs. Les coteaux verdoyants et ensoleillés des environs de Moissac se couvrent de vigne et de vergers. Dans le Quercy blanc, de vastes horizons permettent de découvrir des plateaux incultes coupés de forêts et de modestes cultures. Les collines de la Lomagne sont découpées par d'innombrables vallons où serpentent des cours d'eau. Entre Laguépie et Montricoux, l'Aveyron s'est taillé des gorges sauvages et grandioses, bordées de hautes falaises rocheuses. En aval, il s'écoule dans une large plaine alluviale, avant de se jeter dans le Tarn et d'aller grossir la Garonne. L'ail, la truffe, le foie &ras et les confits font du Tarn-et-Garonne un haut lieu de la gastronomie.

Arts, activités et économie

Les environs de Bruniquel possèdent des grottes préhistoriques et des monuments mégalithiques. La mosaïque de Fauroux et le camp de Gandalou figurent parmi les vestiges de la civilisation gallo-romaine. Le département compte de beaux édifices religieux : on retiendra de l'art roman d'intéressantes églises rurales; les églises de Montauban, Beau mont-de-Lomagne, Larrazet, Caussade, Caylus, Montech, Montpezat-de-Quercy se rattachent au gothique méridional (nef unique, chevet à pans coupés), le clocher polygonal de type toulousain, semblable à celui de St-Sernin de Toulouse, se trouve à Caussade, Nègrepelisse, St-Jacques de Montauban, Montricoux, Finhan. La cathédrale de Montauban est représentative de l'élégante architecture classique. Mais aucune de toutes ces églises n'égale l'abbatiale de Moissac, chef-d'oeuvre roman qui, par son portail au riche décor et son cloître orné de remarquables chapiteaux, est sans conteste le plus beau monument du département. Il faut mentionner quelques beaux châteaux du Moyen Age, du 16ème, du 17ème et du 18ème. Le Tarn-et-Garonne possède en outre de remarquables ensembles architecturaux : bastides dressées au cours des guerres anglaises, si caractéristiques avec leurs rues à angle droit et leurs places à couverts; vieilles villes ayant conservé de belles maisons anciennes. Certains villages ont gardé leurs halles antiques, ou 19ème (Auvillar, Caylus). Montauban se signale par de belles et riches demeures de brique rose, petits palais ouverts sur des cours intérieures. On retrouve la brique dans l'architecture rurale où elle remplace la pierre. Les maisons sont couvertes de toits de tuiles canal à faible inclinaison. Le charme, l'abondance, la variété des pigeonniers enrichissent les paysages ruraux et leur donnent une physionomie particulière.

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