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Lorraine

 

Meurthe-et-Moselle

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Meurthe-et-Moselle

Superficie

5 235 km2

Point culminant

Le Roc de Taurupt (732 m).

Chef-lieu

Nancy. 4 arrondissements. 37 cantons. 587 communes.

Population

711 822 hab. (recensement 1990)

Histoire

Le département fut créé en 1871, après le rattachement à l'Allemagne de l'Alsace et de la Lorraine. Il regroupe des parties demeurées françaises des départements de la Meurthe (arrondissements de Nancy, Toul et Lunéville) et de la Moselle (arrondissement (le Briey). Il a gardé sa physionomie lorsqu'en 1918 l'Alsace-Lorraine l'eut rendue à la France. Lors de la colonisation romaine, il était peuplé par diverses tribus gauloises (Leuques, Mediomatrices). La "pax romana" fut suivie d'une longue prospérité qui dura jusqu'aux grandes invasions barbares (Alains, Vandales, Huns, Francs). Au 6ème, la région fut incorporée à l'Austrasie. Après le traité de Verdun (843), elle fît partie de la Lotharingie. Après maintes vicissitudes, elle fut démembrée et, en 1048, le duché de haute Lorraine fut donné à Gérard d'Alsace, fondateur de la dynastie. Les ducs de Lorraine établirent leur puissance face au comte de Vaudémont et à l'évêque de Toul. Tout au long du Moyen Age, le duché suscita bien des convoitises. En 1475, il fut envahi par Charles le Téméraire, qui souhaitait ainsi réunir ses Etats flamands et bourguignons. Son entreprise se solda par un échec et sa mort devant Nancy en 1477. Au 16ème, les ducs Antoine et Charles III furent les alliés prudents de la France qui, en 1552, occupa les Trois-Evêchés (Metz, Toul et Verdun). Au 17ème, la Lorraine subit la guerre de Trente ans, qui entraîna un ensemble de destructions sans précédent : démantèlement systématique des châteaux décidé par Louis XIII, population décimée, 80 villages rayés de la carte; la province ne commença Li se rétablir que 60 ans plus tard. Les intrigues du remuant duc Charles IV provoquèrent l'occupation du duché par les troupes françaises et l'exil du duc. Ce n'est qu'en 1697 que le duc Léopold put reprendre possession de ses Etats. En 1738, son fils François III, époux de l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche, fondateur de la dynastie de Habsbourg-Lorraine, échangea la Lorraine contre la Toscane. Le roi déchu de Pologne, Stanislas Leszczynski, beau-père de Louis XV, en fut alors investi à titre viager, à sa mort en 1766, elle fut rattachée à la France. Au cours de la guerre de 1914/18, de violents combats s'y déroulèrent, notamment au Grand-Couronné. La guerre de 1939/45 causa également de graves dommages : abbaye de Ste-Marie-Majeure de Pont-à-Mousson; basilique de St-Nicolas-de-Port, centre de la ville de Toul, villages incendiés par les SS.

Géographie

Le département fait partie du Bassin parisien et illustre le relief de côtes qui caractérise l'ensemble du bassin, où les couches sédimentaires sont disposées en auréoles concentriques s'élevant vers l'est. Ainsi se succèdent d'ouest en est plusieurs zones qui se différencient par la nature du sol et son inégale résistance à l'érosion. Les roches dures (grès, calcaires) ont été dégagées, déterminant des côtes plus ou moins vigoureuses qui dominent les dépressions de roches tendres (marnes, argiles). Au sud-ouest, la région des côtes de Meuse, au relief disséqué, est constituée de calcaires oolithiques ou coralliens. Elle domine une vaste plaine d'argiles jurassiques, la Woëvre, autrefois boisée et marécageuse. Formée de calcaires oolithiques et précédée de nombreuses buttes-témoins, la côte de Moselle, au relief plus accentué, se poursuit au nord par le Pays-Haut de Briey. A ses pieds, s'étend une série de petits pays (Xaintois, Vermois, Saulnois), plaines de marnes irisées du lias. La Moselle coule dans une riche vallée d'alluvions. Plus à l'est, le plateau lorrain est une étendue au relief uniforme, où se retrouvent grès, argiles et marnes du trias, dominés par des calcaires coquilliers. Enfin, au sud-est de Lunéville, une petite partie du département se rattache aux Vosges gréseuses. Par la Moselle, la Meurthe et la Seille, le département envoie ses eaux au Rhin. La Moselle, jadis affluent de la Meuse, a été captée par la Meurthe. Le climat lorrain, d'ordre continental, est soumis à de brusques variations : hivers rudes, gelées tardives, étés chauds et orageux, automnes courts, précipitations abondantes. Le département produit des céréales, du colza, des betteraves, mais aussi des fruits et un peu de vigne sur les pentes abritées des côtes; en outre, l'élevage se développe. La Meurthe-et-Moselle, par son importante activité industrielle, occupe une des toutes premières places économiques en France (sel, minerai de fer, sidérurgie, industries chimiques, brasseries, cristallerie).

Arts, activités et économie

Situé à la limite des langues et cultures françaises et germaniques, le département a reçu des influences diverses que l'on retrouve à toutes les époques, particulièrement dans l'art religieux. Au premier art roman se rattachent les églises d'Olley et de Froville, d'inspiration clunisienne, tandis que les églises de Mont-St-Martin, d'influence germanique, de l'abbaye Ste-Marie-aux-Bois à Vilcey-sur-Trey, de Laître-sous-Amance et de Laloeuf relèvent de l'art du 12ème. L'église de Liverdun possède un plan cistercien, mais a déjà des voûtes d'ogives. L'art gothique pénétra tardivement en Lorraine et s'illustra aux 13ème et 14ème (St-Gengoult et cathédrale St-Etienne de Toul, St-Martin de Pont-à-Mousson, églises de Longuyon, Ecrouves et Waville). L'art flamboyant ne s'imposa qu'à la fin du 15ème (façade de la cathédrale de Toul, St-Laurent de Pont-à-Mousson, églises des cordeliers de Nancy, de Varangéville, de Vézelise et surtout de St-Nicolas-de-Port). La Renaissance s'est affirmée dans l'église- halle de Blénod-lès-Toul et dans deux chapelles de la cathédrale de Toul. Le renouveau de la Lorraine, sous Léopold et Stanislas, s'est traduit par la construction de St-Jacques de Lunéville, Ste-Marie-Majeure de Pont-à-Mousson, la cathédrale, St-Sébastien et Notre-Dame-de-Bonsecours à Nancy. Le 19ème a produit une série de pastiches dont St-Epvre de Nancy demeure le plus significatif. La Meurthe-et-Moselle possède des ruines féodales (Mousson, Vaudémont, Prény et Qui-Qu'en-Grogne, à Moyen) et des châteaux du Moyen Age et de la Renaissance qui ont pu résister aux destructions (Cons-la-Grandville, Etreval, Euvezin, Manteville, Jaulny, Mailly-sur-Seille, Manonville et surtout Fléville). Sous Léopold, François III et Stanislas, la Lorraine connut une renaissance artistique : ceux-ci surent attirer à leur cour des artistes et des architectes qui dotèrent le département de considérables réalisations (Lunéville, Haroué), Nancy est le plus parfait ensemble architectural 18ème. Les arts dits mineurs ont toujours eu une place privilégiée dans le département : les sculpteurs Mansuy Gauvain, Ligier Richier, les Drouin, Clodion, les Adam; le graveur Jacques Callot; le peintre Isabey, le ferronnier Jean Lamour. Enfin, vers 1883, autour d'Emile Gallé, se forma l'école de Nancy, alliance provinciale des industries d'art, dont les membres (Daum, Vallin, Majorelle, Prouvé, Gruber) ont marqué une étape importante de l'art moderne. La Lorraine, placée au carrefour des routes d'invasion et en raison de l'ardent patriotisme de ses habitants, est l'une des provinces françaises qui a le plus souffert des destructions et des malheurs de toutes les guerres; son patrimoine artistique régulièrement saccagé a su néanmoins conserver des expressions significatives de toute son histoire, comme il a été vu ci avant. Aujourd'hui, une meilleure connaissance de ce patrimoine, pouvant déboucher sur sa préservation et sa sauvegarde, est en partie due à l'action des chercheurs de la Commission régionale d'Inventaire de Lorraine et de leurs membres bénévoles qui collaborent à cette vaste entreprise.

Meuse

Superficie

6 220 km2

Point culminant

le Buisson d'Amanty (483 m).

Chef-lieu

Bar-le-Duc. 3 arrondissements. 30 cantons. 480 communes.

Population

196 344 hab. (recensement 1990)

Histoire

Peuplées par diverses tribus gauloises (Médiomatriques, Leuques,Trévires, Catalaunes, Rèmes), les terres formant l'actuel département de la Meuse furent rattachées à la Gaule Belgique après la conquête romaine. Elles subirent les invasions barbares (Alains, Vandales, Suèves, Huns, Francs) et par la suite firent partie du royaume mérovingien d'Austrasie. En 843, fut signé à Verdun le traité par lequel les trois petits-fils de Charlemagne se partagèrent son empire. La région fut accordée à Lothaire. En 953, la Lotharingie fut démembrée en haute et basse Lorraine. A l'époque féodale, s'affirmèrent les plus importantes seigneuries dont les rivalités durèrent tout au long du Moyen Age : évêché de Verdun, jouissant d'une grande puissance temporelle, principauté de Commercy, comté de Chiny, duché de Lorraine, comté de Bar (érigé en duché en 1354). En 1420, le Barrois et la Lorraine furent réunis par le mariage de René d'Anjou, duc de Bar (le Bon Roi René), avec l'héritière de la Lorraine. En 1552, Henri II envahit les Trois Evêchés (Metz, Toul et Verdun), qui furent définitivement rattachés à la Couronne en 1648 (traité de Munster). Au 17ème, les intrigues de Charles IV entraînèrent à plusieurs reprises l'occupation des duchés par les troupes françaises. Ce n'est qu'en 1697 que le duc Léopold put reprendre possession de ses Etats. En 1738, le beau-père de Louis XV, Stanislas Leszczynski, fut investi à titre viager de la Lorraine et du Barrois qui, à sa mort, furent rattachés à la France (1766). En 1790, création "artificielle" du département formé de portions de territoires empruntés à la Lorraine, au Barrois, aux Trois Evêchés, au Clermontois, à la Champagne, au Luxembourg; de même au spirituel, le diocèse de Verdun fut constitué d'emprunts aux diocèses de Toul, Reims, Trèves, Châlons et Metz. Au cours de la Révolution, la région connut l'avancée des troupes prussiennes qui s'emparèrent de Verdun. En 1870, de violents combats s'y déroulèrent. Au cours de la guerre de 1914/18, le département a, plus que tout autre, contribué à la défense du territoire français, et le nom de Verdun demeure le symbole de la victoire : tribut "payé" par le département : 9 villages totalement détruits et non reconstruits ("Morts pour la France"); 63 villages entièrement détruits et reconstruits; 38 villages presque entièrement détruits et reconstruits. Importante dépopulation due à l'exode rural du 19ème (chute de la petite industrie) et aux guerres : 329 000 habitants en 1850, 185 000 en 1981 (30 habitants au km2). Toponymie-type significative de l'implantation humaine : époque celte : nom de lieu avec "dunum" (lieu élevé) comme Verdun, ou avec "nanto"(vallée) comme Nant; époque gallo-romaine : nom de propriétaire suivi du suffixe "acum", devenu "y" ou "ey", comme Commercy; époque médiévale : nom de propriétaire (généralement germanique) suivi des suffixes "curtis" (Heudicourt), "villare" (Gérauvilliers), "villa" (Vacherauville), nom de "fabrication" récente : type Villefranche.

Géographie

Le département appartient au Bassin parisien et reproduit de manière évidente le relief de côtes qui affecte la partie orientale du Bassin. Les couches sédimentaires disposées en auréoles concentriques se relèvent vers l'est, où apparaissent les couches les plus anciennes. L'érosion des eaux a dégagé les roches dures qui dominent des dépressions de roches tendres. On distingue 3 zones géologiques : à l'ouest, le massif de l'Argonne, zone infracrétacée, calcaire et argileuse au relief accidenté; au sud-ouest, le plateau du Barrois, zone jurassique supérieure, calcaire et argileuse; enfin, à l'est, une zone jurassique moyenne plus étendue, qui se subdivise elle-même en plusieurs régions : les collines de la Meuse (plateaux calcaires fissurés regroupant Bassigny lorrain, Verdunois, Clermontois, Dormois et Pays de Void), la vallée de la Meuse, au cours irrégulier les côtes de Meuse, rempart calcaire déchiqueté et la plaine argileuse de la Woëvre, s'étendant au pied des côtes. Le département envoie ses eaux à 3 bassins divergents : celui de la Seine (par l'Aisne, l'Aire et l'Ornain, la Saulx), celui de la Meuse (la Chiers) et celui du Rhin (par l'Orne et le Rupt de Mad). Le climat reçoit des influences continentales et océaniques : d'ordre séquanien à l'ouest du département, d'ordre lorrain à l'est, il est plus rigoureux sur les plateaux que dans les vallées ou au pied des côtes. La Meuse a une vocation agricole et produit des céréales, des plantes sarclées et des fruits qui, dans la région abritée des côtes, remplacent de plus en plus la vigne. L'élevage bovin est prospère. Issue d'une très ancienne tradition artisanale et industrielle, l'industrie développe 3 secteurs : métallurgie, textile, industrie du bois (la forêt occupe 30 % du département).

Arts, activités et économie

Le patrimoine artistique du département a considérablement souffert des destructions survenues au cours des guerres, notamment celle de 1914/18. Cependant, grâce à l'ardeur des Lorrains, nombre de monuments ont pu être restaurés et sauvés. L'art roman a laissé de nombreux témoignages : crypte St-Maur à Verdun, cathédrale de Verdun (où se confrontent influences rhénanes et bourguignonnes), églises de Mont-devant-Sassey (qui en reproduit certaines dispositions), St-Michel de St-Mihiel, Dugny-sur-Meuse, Malaumont et Couvonges. En outre, de nombreux établissements religieux, fondés au Moyen Age, ont été restaurés au 18ème et conservent des vestiges importants : abbayes de bénédictins (St-Vannes de Verdun), de cisterciens (Lachalade), de prémontrés (St-Paul de Verdun, Jean d'Heurs, L'Etanche a Deuxnouds-aux-Bois, Jovilliers à Stainville, Rangéval à Cornieville); plusieurs centaines de couvents, prieurés, commanderies, léproseries et hôpitaux, dont il subsiste des lieux-dits révélateurs. L'art gothique, apparu tardivement en Lorraine, a produit d'importants édifices (Notre-Dame de Bar-le-Duc, Notre-Dame d'Avioth), un groupe d'églises-halles ou les bas-côtés ont la même hauteur que la nef (St-Etienne de Bar-le-Duc, Notre-Dame de Dun-sur-Meuse, St-Nicolas de Marville, St-Etienne de St-Mihiel), ainsi que la Recevresse d'Avioth, curieux monument dont la destination demeure incertaine. De la fin 15ème et du début 16ème, datent des églises assurant la transition du gothique flamboyant à la Renaissance (Triaucourt-en-Argonne, Longeville-en-Barrois, Génicourt-sur-Meuse, Senon, Culey, Clermont-en-Argonne, Rembercourt-aux-Pots). De remarquables oeuvres du sculpteur Ligier Richier, le meilleur représentant de l'école Sammieloise du 16ème, ornent les églises locales (St-Mihiel, Bar-le-Duc, Génicourt, Hattonchâtel). On dénombre quelques dizaines d'ossuaires parmi lesquels celui de Marville et son cimetière. Au cours des siècles, les troubles politiques ont entraîné, outre l'adjonction d'ouvrages défensifs à certaines églises (Dugny-sur-Meuse, St-Pierrevillers, Woël, Gironville-sous-les-Côtes, Pareid), la construction de châteaux forts dont il ne reste parfois que des vestiges (châteaux des comtes à Bar-le-Duc, de Baudricourt et de Gombervaux à Vaucouleurs, de Godefroi de Bouillon à Dun-sur-Meuse, de maisons fortes (Hugnes à Juvigny-sur-Loison, Salmagne, Stainville, Bazincourt, Flassigny, la Varenne à Haironville); de citadelles ou de places fortes (Verdun, Stenay, Damvillers, Montmédy, Jametz), d'ouvrages militaires liés à la guerre 1914/18 (Vaux, Douaumont). De prestigieux châteaux d'agrément ont été épargnés (Commercy, Montbras, Bronelle à Stenay, Louppy-sur-Loison, Jean d'Heurs à Lisle-en-Rigault). De belles maisons anciennes et des hôtels particuliers ornent les villes (Verdun, Bar-le-Duc, St-Mihiel, Marville, Stenay, Ligny-en-Barrois). Sous les côtes, les villages ont gardé leur caractère lorrain.

Moselle

Superficie

6 214 km2

Point culminant

commune de Walscheid : le Gross Mann 986 m.

Chef-lieu

Metz. 9 arrondissements 43 cantons. 716 communes.

Population

1 011 302 hab. (recensement 1990)

Histoire

Peuplée par la tribu gauloise des Médiomatriques, la région connut au cours de la "pax romana" une grande prospérité (création de routes, construction de villes, développement des échanges économiques et culturels). Incorporée à la Gaule Belgique, elle fut évangélisée dès le 3ème, puis subit les invasions barbares (Alamans, Alains, Vandales, Suèves, Huns, Francs). Elle contribua ensuite à former le royaume mérovingien d'Austrasie, avec Metz pour capitale. Les rivalités de Frédégonde, reine de Neustrie, et de Brunehaut, reine d'Austrasie, ensanglantèrent le 6ème. En 843, par le traité de Verdun, les petits-fils de Charlemagne se partagèrent son empire. Lothaire obtint la partie centrale, s'étendant de la Méditerranée à la mer du Nord (Lotharingie). A l'époque féodale, la région fut morcelée et plusieurs seigneuries imposèrent leur autorité : duchés de Lorraine, de Bar et de Luxembourg, évêché de Metz. Au 16ème, Metz rechercha le soutien de la France contre l'empire. Henri II en profita, en 1552, pour envahir les Trois-Evêchés (Metz, Toul et Verdun), qui furent rattachés à la France en 1648. Le Luxembourg français (région de Thionville) fut réuni à la Couronne par le traité des Pyrénées en 1659. Au 17ème, à la suite des intrigues du duc Charles IV, les troupes françaises occupèrent à plusieurs reprises le duché de Lorraine. En 1738, le duc François III échangea son duché contre la Toscane. L'ancien roi de Pologne, Stanislas Leszczynski, beau-père de Louis XV, devint alors le dernier duc de Lorraine : à sa mort en 1766, le duché fut réuni à la France. Créé en 1790, le département de la Moselle fut le théâtre de nombreuses batailles de la guerre de 1870/71. Après la défaite, l'Alsace et une grande partie du département furent cédées à l'Allemagne au traité de Francfort. Elles ne firent retour à la France qu'après le traité de Versailles. De 1940 à 1944, le département fut de nouveau annexé à l'Allemagne et connut de nouveaux ravages, avant sa libération par les troupes de Patton et Leclerc.

Géographie

Le département de la Moselle se situe à la bordure orientale du Bassin parisien, à son contact avec le massif des Vosges. Le relief de côtes, qui caractérise l'est du Bassin, se traduit ici par un relief peu marqué dans son ensemble, relevé dans les régions où affleurent des couches de roches dures (grès des Vosges, calcaire des côtes de Moselle). On distingue plusieurs régions géographiques. A l'ouest, les côtes de Moselle, rebord escarpé des calcaires jurassiques du Haut-Pays, sont découpées par les affluents de la Moselle qui isolent de nombreuses buttes-témoins. Au pied des côtes, s'étend une plaine d'argiles jurassiques où coule la Moselle. Au nord, la Warndt, plateau forestier riche en réserves houillères, borde la Sarre. Plus vers l'est, le plateau lorrain, au relief uniforme, est composé de calcaires coquilliers, de marnes irisées et de grès bigarrés du trias. Enfin, à l'est et au sud-est, la montagne se rattache aux basses Vosges gréseuses et en constitue les premières hauteurs. Par la Moselle et ses affluents, mais aussi par la Zorn, affluent de la Moder, le département envoie ses eaux à la mer du Nord. La Moselle connaît un climat rigoureux d'ordre continental et de type lorrain. Plus rude et Pluvieux dans les parties montagneuses, il est plus tempéré dans le pays messin et la vallée de la Moselle. L'agriculture s'exerce sur des sols difficiles : trop lourds sur le plateau lorrain, consacré aux pâturages et au fourrage, ils sont trop légers dans la montagne et le Haut-Pays, où l'exploitation forestière domine. Le département produit aussi des céréales, du houblon et des betteraves. L'industrie a une triple orientation : sidérurgie (vallée de la Moselle), salines (région de Dieuze) et houillères (Forbach, Carling).

Arts, activités et économie

Il reste en Moselle de nombreux témoignages de la riche civilisation des Médiomatrices : nombreuses villas romaines, mosaïques, ateliers de potiers, sculptures; thermes de Metz, aqueduc de Jouy-lesArches, conduisant les eaux de Gorze à Metz, substructions et mobilier divers. Une basilique romaine, l'ancienne abbatiale St-Pierre-aux-Nonnains, à Metz, un des plus anciens édifices chrétiens de France, apporte une précieuse contribution à la connaissance de l'art paléochrétien. En outre, le département offre une gamme d'églises se rattachant à toutes les périodes de l'art sacré : églises romanes (Fameck, Lorry-Mardigny, Mey, Vantoux, Hesse, Vulmont, tours de Valmunster et de Sorbey, crypte de Norroy-le-Veneur); églises de transition romano-gothique (Gorze, Aube, Cheminot, Hesse, Marsal, chapelle des templiers et St-Maximin de Metz); églises gothiques (Munster, Norroy-leVeneur, St-Jean-de-Bassel, Sillegny, Rozérieulles, Morhange, Jussy, Sierck, Vic-sur-Seille et à Metz : St-Martin, St-Eucaire, Ste-Ségolène, St-Vincent et bien sûr, la cathédrale, une des plus belles de France); églises fortifiées (Arry, Cattenom, Chazelles, Lessy, Heckenransbach); églises-halles (Valmunster, Zetting, St-Clément); églises du groupe messin, à narthex surmonté d'une tour (Mey, Scy-Chazelles); églises baroques et classiques (Sarrebourg, St-Avold, N.-D.-de-l'Assomption de Metz, St-Simon, Ste-Glossinde et l'église des Trinitaires, à Metz). Citons également l'ossuaire roman de Schorbach et le cimetière fortifié de Lessy. Signalons enfin que des vitraux de Chagall, Cocteau, Bissière et Jacques Villon sont venus embellir à Metz la cathédrale et l'église St-Maximin, à Sarrebourg la chapelle des Cordeliers. Les châteaux forts de Rodemack, Roussy-le-Bourg, Sierck, Vry, Lutzelbourg, Philippsbourg et Meinsberg à Manderen sont autant d'expressions de l'architecture à caractère militaire qui prévalut à l'époque féodale. A partir du 15ème, les grands châteaux font place à de plus modestes maisons fortes (Ajoncourt, Mardigny à Lorry-Mardigny, Luttange, Woippy, les Etangs, donjon de Weidesheim à Kalhausen). Les châteaux de plaisance édifiés au 16ème et au 17ème (Rahling, Fénétrange, Hombourg-Budange, Chérisey, Freistroff, Romécourt à Azoudange, Rémelange à Fameck) conservent souvent des éléments défensifs qui disparaissent totalement au 18ème (Aulnois-sur-Seille, la Grange à Manon, Blettange à Bousse). On trouve dans le département de nombreuses manifestations de l'architecture militaire : restes des fortifications de Sierck, de Boulay, Rodemack et de Metz, citadelle de Bitche, villes fortifiées du 17ème (Phalsbourg, Marsal), ouvrages de la ligne Maginot autour de Thionville et de Boulay. L'archéologie industrielle, dont l'intérêt commence à sensibiliser l'opinion, est bien représentée dans le département (notamment par les sites du 1911). Enfin l'artisanat traditionnel et créateur s'exprime toujours avec vigueur (cristallerie, céramique).

Vosges

Superficie

5 871 km2

Point culminant

le Hohneck (1 366 m).

Chef-lieu

Epinal. 3 arrondissements. 30 cantons. 516 communes.

Population

386 258 hab. (recensement 1990)

Histoire

Peuplé par les tribus gauloises des Leuques et des Rauraques, lors de la conquête des Gaules par les Romains, le territoire de l'actuel département fut incorporé à la Gaule Belgique. Jusqu'à la fin de l'Empire, il subit les invasions barbares (Alains, Vandales, Suèves, Huns). Conquis par les Francs, il fit alors partie de l'Austrasie, royaume mérovingien de l'Est. En 843, il fut attribué à Lothaire par le traité de Verdun. Par la suite, le royaume de Lothaire, ou Lotharingie, subit plusieurs partages et la haute Lorraine fut donnée en 1048 à Gepard d'Alsace, originaire de Châtenois. Celui-ci fut le premier duc héréditaire de Lorraine et le fondateur de la dynastie qui régna sur le duché jusqu'en 1736 et sur l'empire d'Autriche jusqu'en 1918. Au Moyen Age, la rivalité des ducs de Lorraine et des comtes de Vaudémont, l'invasion des Grandes Compagnies, puis les visées expansionnistes de Charles le Téméraire causèrent de graves ravages dans la région. De 1633 à 1660, elle fut envahie et occupée par les troupes françaises (en représailles contre les intrigues de Charles IV) et par les troupes suédoises (au cours de la guerre de Trente ans). En 1736, la Lorraine fut donnée à titre viager à Stanislas Leczinski, beau-père de Louis XV, roi déchu de Pologne. A la mort de celui-ci, en 1766, elle fut rattachée à la France. Le département fut formé en 1790 par la réunion à une partie de la Lorraine, de parcelles de la Champagne et de la Franche-Comté. Dès lors, ce département des Marches de l'Est de la France contribua activement aux guerres de la Révolution et de l'Empire et eut à subir sévèrement la guerre de 1870/71 et les deux guerres mondiales de 1914/18 et de 1939/45.

Géographie

Le département se présente comme un plateau de formation secondaire s'appuyant contre un massif primaire, les Vosges. On y distingue plusieurs zones géographiques différentes. Massif hercynien caractérisé par des altitudes peu élevées et des cols rares et impraticables en hiver (les Vosges ont été basculées vers le nord au moment du soulèvement alpin). Les glaciations du quaternaire ont accompli un travail d'érosion qui produit des pénéplaines. Si le versant alsacien retombe brutalement sur la plaine du Rhin, le versant lorrain au contraire descend en pente douce vers l'ouest. La ligne des sommets du Donon au ballon d'Alsace, en passant par le Hohneck, assure la frontière avec les départements alsaciens.

Arts, activités et économie

La civilisation celtique a laissé des témoignages importants dans la région de Relanges (vestiges du camp de Bonneval, station gauloise des Escles), dans celles de Raon-l'Etape et de Saint-Dié (sites de la Pierre-d'Appel et de la Bure). Le musée d'Epinal et celui de Saint-Dié conservent de nombreux vestiges gallo-romains. On verra à Grand, à proximité du plus grand amphithéâtre des Gaules, un remarquable exemple de cité gallo-romaine, et à Plombières les restes des thermes romains. L'art roman a connu un grand développement avec des caractères propres à la Lorraine du sud que l'on retrouve dans plusieurs églises : cryptes de Remiremont, Bleurville et Esley; clocher de Lignéville; portail de Pompierre, chef-d'oeuvre du roman en Lorraine. Les plus parfaits ensembles romans sont Bouzemont, Vomécourt-sur-Madon, Champ-le-Duc et Relanges, Notre-Dame de Saint-Dié, Etival. Introduit dans le premier tiers du 13ème, l'art gothique s'est épanoui à St-Christophe de Neufchâteau, Lamarche, Martigny-les-Bains, Mirecourt et Remiremont. Commencée au 11ème, remaniée au 13ème et au 14ème, la basilique St-Maurice d'Epinal réalise une harmonieuse synthèse des influences qui se sont manifestées en Lorraine. Le gothique a connu un nouvel âge d'or au 15ème et au 16ème (Charmes, Châtel-sur-Moselle, Rambervillers, Grand, Gugney-aux-Aulx, Vittel, cloître de Saint-Dié), avec l'apparition du style flamboyant. On note peu d'édifices Renaissance, mais ceux-ci sont pleins d'intérêt (chapelle de Savigny à Charmes, chapelle St-Hubert à Autrey, chapelle de Dommartin, portail de Fontenoy-le-Château). Du 18ème datent la façade classique de la cathédrale de Saint-Dié et l'église abbatiale de Moyenmoutier, le plus imposant édifice baroque du département, ainsi qu'un groupe d'une quarantaine d'églises (la Bresse, Brouvelieures, Docelles, Saint-Amé) caractérisées par une nef à plafond plat et un choeur à cinq pans. Enfin, de nombreuses églises rurales sont ornées d'un riche mobilier. Les ruines féodales (Arches, Beaufremont, Châtel-sur-Moselle, Epinal), les maisons fortes et les châteaux (Lichecourt à Relanges, Dommartin-sur-Vraine, Bourlémont à Frébécourt, Sandaucourt, Isches, Saint-Baslemont, Graux à Tranqueville-Graux), sont les témoins de l'histoire mouvementée du département. D'autres châteaux attestent la prospérité du 18ème (Autigny-la-Tour, Thuillières, les Capucins à Rambervillers, palais abbatial de Remiremont et de Senones, châteaux et hôtels princiers à Senones, maison des Arcades à Plombières). Enfin, Epinal, centre actif d'imagerie populaire dès le 17ème, conserve avec le musée international de l'imagerie un ensemble exceptionnel de ces témoignages xylographiques d'art populaire venus du monde entier.

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