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VILLES A VISITER EN FRANCHE COMTE

Besançon 11 hôtels , Belfort 6 hôtels , Lons-le-Saunier 5 hôtels , Dole 4 hôtels , Luxeuil-les-Bains 4 hôtels , École 3 hôtels , Montbéliard 3 hôtels , Sochaux 2 hôtels , Foucherans 1 hôtel , Étupes 1 hôtel , Arbois 3 hôtels , Pontarlier 2 hôtels ,

 

Aéroports : Tavaux (DLE) , Les Eplatures (ZHV)

 

CARTE D'IDENTITE DE LA FRANCHE COMTE

franche comte blason

Informations générales, histoire, géographie, économie, art et activités

Doubs
Jura
Haute-Saône
Territoire de Belfort

Carte d'identité

Doubs

Superficie

5 228 km2

Point culminant

mont d'Or (1 464 m).

Chef-lieu

Besançon. 3 arrondissements, 35 cantons, 594 communes.

Population

499 162 hab. (recensement 1999)

Histoire

Peuplé par la tribu celtique des Séquanes, le territoire du Doubs vécut sous la domination romaine jusqu'au 5ème et fut incorporé à la "Séquanaise" avec Vesontio (Besançon) pour métropole. Le christianisme fut introduit très tôt : st Ferréol et st Ferjeux furent martyrisés en 212. Envahie par les Burgondes, la région fut rattachée au royaume d'Arles au moment de l'établissement de la féodalité. Le 11ème vit la naissance de la comté palatine de Bourgogne, marche frontière impériale convoitée par le roi de France et par l'Empereur. Au 14ème, la Comté fut rattachée à la France par le mariage de la comtesse Jeanne avec Philippe V le Long; puis elle suivit les destinées du duché de Bourgogne, tout en gardant une certaine autonomie. Le mariage de Marie de Bourgogne, héritière de Charles le Téméraire, avec Maximilien de Habsbourg, mit la province sous la domination de la maison d'Autriche, malgré l'intervention militaire de Louis XI. Si l'ensemble de la Franche-Comté demeura fidèle au catholicisme, le protestantisme se propagea dans la région de Montbéliard aux 16ème et 17ème. Pendant la guerre de Trente ans, la Comté fut ravagée par les Suédois de Saxe-Weimar; occupée par la France, elle lui fut attribuée en 1678 par le traité de Nimègue. Pays d'état ayant conservé une partie de ses institutions locales, la Franche-Comté connut alors une prospérité économique. La principauté de Montbéliard, possession des ducs de Wurtemberg, fut rattachée à la France en 1793. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les maquis du Lomont jouèrent un rôle important dans la Résistance.

Géographie

Le Doubs appartient au Jura, massif calcaire peu élevé, et présente ses éléments caractéristiques : monts, vaux, cluses, combes bordées de crêts. On y distingue 3 régions, disposées en bandes longitudinales d'ouest en est. A l'ouest, entre le Doubs et l'Ognon, la plaine de la Haute-Saône, au relief accidenté, a été redessinée par les eaux. Le centre est occupé par une région de hauts plateaux calcaires et marneux étagés en terrasses parallèles, le Jura tabulaire. A l'est, la montagne, ou Jura plissé, domine le département; elle est constituée de hauts et vastes plateaux et de modestes sommets, le Larmont, le mont d'Or. On y retrouve les "reculées" caractéristiques : vallées profondes, aux parois verticales, se terminant en cul-de-sac au pied d'un escarpement. Les glaciers, puis les cours d'eau, ont entaillé les plateaux de vallées profondes, et donné naissance à des lacs. Le sol calcaire a permis la constitution d'un réseau souterrain important, représentatif des reliefs karstiques (puits, gouffres, résurgences, cascades). Les étés sont chauds et orageux; les hivers sont rudes, rigoureux en altitude et connaissent un enneigement abondant et tardif. Les pluies sont très importantes apportées par vents de nord-est et d'ouest. Le Doubs a une vocation industrielle marquée : industrie textile et métallurgie (fonderie, petit outillage, industrie automobile); l'horlogerie, créée au 17ème, a fait la réputation du département et de Besançon. L'agriculture est dominée par l'élevage. Des coopératives laitières, les fruitières, produisent en abondance beurre et fromages.

Arts, activités et économie

La "Séquanaise" connut sous la domination romaine une ère de prospérité dont témoignent les vestiges de Besançon et le théâtre de Mandeuvre. Peu de monuments antérieurs au 17ème ont pu résister aux différents troubles qui ont affecté la Franche-Comté. Le style comtois est le produit d'influences bourguignonnes, flamandes et italiennes. On constate une persistance tardive dans l'architecture des arts romans, puis gothiques. Ainsi le gothique flamboyant se maintiendra jusqu'au milieu du 17ème. Le château de Cléron, le fort de Joux et les tours du château de Montbéliard demeurent les rares exemples d'architecture défensive. La Renaissance a peu influencé l'art sacré si ce n'est dans le mobilier. En revanche, l'architecture civile, sous l'impulsion de riches familles, telles les Carondelet ou les Granvelle, a connu son apogée au 16ème : palais et hôtels particuliers à Morteau, Ornans et Besançon. Au début du 17ème, l'architecte Schikhardt construisit les premiers temples protestants dans le pays de Montbéliard. La période classique fut une nouvelle époque florissante par la reconstruction consécutive aux ravages de la guerre de Trente ans : châteaux, églises, temples, maisons et hôtels particuliers, marqués par le talent d'architectes tels que Louis, Nicole ou Bertrand. Besançon possède le plus remarquable ensemble architectural classique du département. Les salines royales d'Arc-et-Senans, révèlent le génie inventif de Nicolas Ledoux. Le Doubs possède des édifices caractéristiques de l'art sacré contemporain : églises d'Audincourt et de Sochaux, vitraux de Pontarlier, les Bréseux, Epenoy, Vercel. La maison rurale, faite pour lutter contre le froid, regroupe habitation et dépendances : vaste, massive, basse, autrefois couverte de bardeaux, elle possède souvent une grande cheminée, le "tué", servant à fumer la charcuterie.

Haute-Saone

Superficie

5 343 km2

Point culminant

ballon de Servance 1 189 m.

Chef-lieu

Vesoul. 2 arrondissements. 29 cantons. 545 communes.

Population

229 540 hab. (recensement 1990)

Histoire

Des bords de Saône aux retombées vosgiennes et à la Porte de Bourgogne, ce qui frappe, en Haute-Saône, ce sont les vastes espaces de verdure. Près de la moitié du département est couverte de forêts : chênes, charmes, trembles et acacias de la plaine de Gray ou des plateaux; hêtres, sapins et épicéas des hauteurs. Cette symphonie en vert est cependant variée, grâce au relief : de 190 mètres d'altitude, on passe à 1 189 mètres au ballon de Servance. La succession des époques géologiques a modelé le sol et l'a marqué de traces diverses, souvent originales. Au nord-est, les roches, granitiques ou gréseuses, ont été recouvertes du quaternaire à la f in du paléolithique, par le glacier vosgien qui les a lentement usées. Il a laissé d'agréables vallées, de brusques ruptures de pente où les torrents se sont taillé un passage dans d'étroites gorges, et une multitude d'étangs romantiques. La flore de ces hautes terres a conservé des milieux homogènes de type polaire. Plus bas, les plateaux karstiques formés par les mers secondairessont truffés de gouffres et irrigués par des rivières souterraines. Elles resurgissent un peu partout en "fonts" ou en cours d'eaux qui sourdent d'une grotte. Leur débit est suffisamment puissant pour que les hommes aient pu très tôt les utiliser pour faire tourner un moulin, un "patouillet", la roue d'une scierie ou d'une soufflerie de forge; aussi ce département fut, du 16ème au 19ème siècle, le plus peuplé, le plus riche et le plus industrialisé de Franche-Comté : ses grains faisaient de Gray, entouré de plaines céréalières le grand centre de collecte des blés qui descendaient vers Lyon, c'est par Gray également que s'en allaient fontes fines et fers dits "comtois", fondus au charbon de bois, qui faisaient de la Haute-Saône vers 1825 l'un des deux premiers producteurs français (avec la Haute-Marne). On peut mentionner avec un sourire le sobriquet de "Haute-Patate" dont on l'affubla, en retenant qu'il traduisait l'importance de ses récoltes de pommes-de-terre et de ses féculeries Puis le chemin de fer arriva. Les vins importés du Midi tuèrent, tout autant que le phylloxéra, un vignoble qui avait ses amateurs et qui renaît timidement autour de Champlitte et de Gy. Les jeunes ruraux émigrèrent vers Paris ou l'Algérie, voire la Californie. En quelques décennies, la fragmentation des terres et le déclin du potentiel industriel réduisirent d'un tiers la population. A vrai dire, cette saignée n'était pas la première, ni la plus tragique. Voie de passage est-ouest vers l'Alsace, la Suisse et l'Allemagne par la Porte de Bourgogne, route nord-sud entre le Midi ou l'Italie et la Lorraine ou les Flandres, par la Saône ou les cols vosgiens, ce qu'on appelait avant la Révolution. le Bailliage d'Amont paya très cher le privilège d'être un axe de passage Il ne fut pas seulement utilisé par les marchands italiens et flamands, mais aussi par les innombrables bandes guerrières avides de butin et de violence : Alamans des temps gallo-romains, Routiers du Moyen Age, Français de Louis XI, reitres allemands au service de Richelieu, et tant d'autres encore, ont ensanglanté cette terre et l'ont abandonnée en ruine. "Par trois fois brûlée", rappelle la devise de Gray; après le passage des troupes de Louis XI, Vesoul resta "comme champêtre"; entre 1636 et 1644, la plupart des registres paroissiaux sont muets : les villageois et leur curés avaient fui dans les bois et n'échappaient au fer et au feu que pour périr de peste ou de famine. Les soldats pillaient et massacraient indistinctement amis et ennemis; lorsqu'ils furent partis, de trois habitants de ce pays, un seul survivait, et les villages qui purent se relever mirent cent ans à le faire. La conquête de Louis XIV, après une nouvelle hémorragie, apporta la "paix française" qui, malgré les impôts, facilita le redressement démographique et économique tout au long du 18ème siècle. Entre ces vagues de cataclysmes, deux périodes fastes ont laissé des traces éclatantes de leur dynamisme : s'il reste peu de chose de l'Antiquité et du Moyen Age (pourtant actifs), nombreux sont les témoignages insignes de "l'âge d'or comtois" que fut le 16ème siècle de Charles Quint, et ceux du 18ème siècle. C'est de cette dernière période que datent ces maisons paysannes tripartites, massives sous leur vaste toit, qui signalent l'enrichissement relatif d'un monde rural laborieux; de même ces retables baroques ou ces églises classiques par lesquelles s'exaltent tout autant la foi traditionnelle que l'émulation des communautés. Les nouveaux anoblis édifièrent sur leur fief récemment acquis des châteaux plus ou moins somptueux, dans le style du temps, si typiques avec leurs toits à croupes. L'émulation intercommunale se poursuivit au. 1 9ème par la multiplication des mairies et des fontaines parfois monumentales, dont l'abondance et la variété architecturale sont, avec les clochers coiffés "à l'impériale", caractéristiques des villages de Haute-Saône. Le 20ème siècle a connu, dans sa première moitié, une longue période de déclin. Elle fut, en un sens, bénéfique, puisqu'elle a sauvegardé un milieu naturel protégé par l'homme, maintenu à l'écart des pollutions agressives : la Haute-Saône devint ainsi un pôle d'attraction pour quiconque souhaite reprendre un contact apaisant, revitalisant, avec ce monde sain et verdoyant de prairies et de forêts. Elle commence à sortir du silence culturel dans lequel elle se complaisait, grâce à des associations comme la SALSA qui vient de publier un remarquable "Dictionnaire des communes de la Haute-Saône", exemple trop peu suivi. Elle s'équipe également d'une infrastructure économique par une industrialisation nécessairement modérée, qui peut la sauver d'une nouvelle perte démographique. Enfin la Haute-Saône, de Luxeuil à Pesmes, du val dé Saône au ballon de Servance, de l'élégante chapelle St-Hubert de Chauvirey aux "villages des bois" perdus dans les vallonnements forestiers, n'est pas seulement un havre de paix heureusement préservé : elle recèle aussi bien des richesses, humbles ou célèbres, à découvrir.

Jura

Superficie

5 008 km2

Point culminant

Crêt Pela 1 498 m.

Chef-lieu

Lons-le-Saunier, 3 arrondissements, 34 cantons, 545 communes.

Population

250 925 hab. (recensement 1999)

Histoire

Peuplé par la tribu des Séquanes, le territoire actuel du Jura fut, sous l'occupation romaine, incorporé à la "Séquanaise" jusqu'au 5ème, époque où il fut envahi par les Burgondes. Il fit ensuite partie du royaume d'Arles et de Bourgogne et c'est au 11ème, lorsque la féodalité s'organisa, qu'apparut la Comté Palatine de Bourgogne, marche frontière impériale. Celle-ci passa aux mains des Hohenstaufen, des Méranie, puis des Chalon, avant d'être quelque temps rattachée à la France par le mariage de la comtesse Jeanne de Bourgogne avec Philippe V le Long. Par la suite, elle échut aux ducs de Bourgogne et fut un élément de leur puissance. Le mariage de Marie de Bourgogne, héritière de Charles le Téméraire, avec Maximilien d'Autriche réunit, malgré une intervention militaire de Louis XI, la Franche-Comté aux, possessions des Hasbourg d'Espagne. La province connut alors une grande prospérité économique et jouit d'importants privilèges. La contrée resta fidèle au catholicisme et fut cruellement éprouvée par les troubles religieux du 16ème et du 17ème. Pendant la guerre de Trente ans, elle fut ravagée par les Suédois de Bernard de Saxe-Weimar. A la suite de la guerre de Dévolution et des campagnes de Louis XIV, elle fut rattachée à la France par le traité de Nimègue, en 1678; mais la Franche-Comté conserva ses institutions tout au long de l'Ancien Régime, même si Dole perdit son rang de capitale au bénéfice de Besançon où fut transféré le parlement. Par sa position géographique, le Jura a été, depuis son annexion, mêlé à toutes les guerres auxquelles la France a participé. Ce fut la patrie de Jean de Carondelet, chancelier de l'empereur Maximilien, de Rouget de l'Isle, de Jules Grévy et de Louis Pasteur.

Géographie

Formé de la partie méridionale de la Franche-Comté, le département tire son nom de la chaîne de montagnes qui le traverse. Il se compose de quatre régions distinctes : au nord, le petit massif hercynien de la Serre a opposé sa résistance aux plis jurassiens en formation; à l'ouest, la plaine bressane fertile, formée par des alluvions lacustres, est couverte d'étangs; au centre, les plateaux calcaires jurassiens s'étagent en gradins qui se terminent en abrupt sur les rebords occidentaux du Jura : le Vignoble, corniche rocheuse échancrée de reculées, et son prolongement méridional, le Revermont, région de collines calcaires; à l'est, les monts du Jura, plissements tertiaires resserrés vers le sud, sont formés de chaînons parallèles. On y retrouve les éléments caractéristiques du relief jurassien (combes, crêts, monts, vaux, cluses). Les cours d'eau sont tributaires du Rhône (Doubs, Ain, Valserine) et du Rhin (Orbe). Climat rude dont on distingue deux types : continental dans la plaine avec de fortes précipitations, particulièrement en automne et des gelées fréquentes et persistantes; montagnard sur les hauteurs avec des pluies abondantes et un enneigement de 5 à 6 mois. L'agriculture est à dominante forestière et pastorale. L'élevage bovin fournit du lait et du fromage (comté) produit par des coopératives laitières (les fruitières). L'industrie, peu développée, s'est orientée vers la métallurgie, le textile, l'optique et l'industrie du bois. Saint-Claude demeure le centre de la fabrication des pipes.

Arts, activités et économie

La Franche-Comté, régulièrement ravagée au cours de l'histoire, conserve assez peu de monuments antérieurs au 17ème. Le style comtois a reçu des influences bourguignonnes, mais aussi flamandes et italiennes. Il est caractérisé par une persistance tardive du roman, puis du gothique. Le roman est le plus riche (églises d'Arbois et de Lons-le-Saunier, abbatiale de Baume-les- Messieurs). Le gothique flamboyant, qui s'est maintenu jusqu'au milieu du 17ème, a produit ou influencé un grand nombre d'églises remarquables (Dole, Poligny, Arbois, Orgelet, Salins). La Renaissance a peu influencé l'architecture religieuse (le très beau porche de la chapelle du collège de l'Arc à Dole), mais s'est exprimée davantage dans le mobilier sacré (marbres polychromes de Claude le Rupt, boiseries); beaucoup de monuments civils, par contre, en portent la marque (maisons anciennes à Dole et Poligny). La période classique s'est exprimée par de nombreux édifices, après les destructions de la guerre de Trente ans : l'hôpital de Dole en est le chef-d'oeuvre (début 17ème); le 18ème a donné des églises (N.-D.-Libératrice de Salins), des hôtels particuliers, des hôtels de ville (Salins et Poligny), des ensembles de maisons à arcades (Arbois, Lons-le-Saunier, Dole), ainsi que le château d'Arlay. L'église St-Jean de Dole est représentative des réalisations modernes d'art sacré de la Franche-Comté.

Territoire de Belfort

Superficie

609 km2

Point culminant

ballon d'Alsace 1248 m.

Chef-lieu

Belfort. 1 arrondissement. 13 cantons. 102 communes.

Population

134 097 hab. (recensement 1990)

Histoire

Si l'on considère la date de sa formation, le Territoire de Belfort a une histoire relativement récente, puisque sa création remonte à 1871, et ne devint définitive qu'en 1922. Mais il est plus important de retracer l'histoire des hommes qui ont vécu dans cette région. L'archéologie atteste une occupation dès le néolithique (station de Cravanche). A l'époque gauloise, la région faisait partie de la Séquanie. L'installation des germains avec Arioviste, décida César à limiter l'expansion de ces peuplades: la victoire remportée en 58 av. J.-C., marqua le début de la romanisation de leur région. L'effondrement de l'empire romain au 5ème contribua à l'installation des Burgondes dont on a retrouvé des témoignages de la civilisation dans la nécropole de Bourgogne. Avec la victoire des Francs sur les Burgondes, le Territoire fut rattaché au duché d'Alsace. Le traité de Mersen en 870 fit passer l'Alsace dans la part de Louis le Germanique. Aux 12ème et 13ème, le Territoire fut l'objet des convoitises des ducs de Ferrette et de Montbéliard, qui cessèrent avec le mariage de la fille de Renaud de Bourgogne et d'Ulrich Il de Ferrette. Leur fille aînée épousa Albert de Habsbourg et le Territoire passa sous la domination autrichienne jusqu'en 1636. Louis de Champagne, comte de la Suze, enleva alors Belfort aux Impériaux, ce qui constitua le dernier épisode de la sinistre guerre de Trente ans. Le traité de Wesphalie en 1648, consacra le rattachement définitif du Territoire de Belfort à la France. Le comte de la Suze, ayant pris le parti de la Fronde, fut dessaisi de ses biens qui furent donnés au cardinal de Mazarin, dont les héritiers jouirent des droits seigneuriaux sur le comté de Belfort, jusqu'à la Révolution. A la fin du 17ème, Belfort fut fortifié par Vauban pour en faire une place forte, capable de défendre la porte de Bourgogne et d'Alsace. La Révolution fut surtout marquée à Belfort par la crise religieuse, qui s'apaisa avec la signature du Concordat en 1802. Le 19ème confirma la vocation militaire de la ville avec les deux sièges soutenus victorieusement par Legrand en 1813 et Lecourbe en 1815. La Restauration se heurta dans la région à un complot militaire et républicain appelé "Conspiration de Belfort". L'implantation d'industries textiles au pied des Vosges apporta un développement sensible de l'activité économique. L'événement qui marqua le plus la fin du siècle fut le siège de 103 jours qu'eurent à soutenir la garnison et la population de la ville de Belfort en 1870-71. La résistance farouche des belfortains sous la conduite du colonel Denfert-Rochereau contribua sans doute au maintien dans le patrimoine français de cette partie du Haut-Rhin qui allait devenir le Territoire de Belfort. En effet, au traité de Francfort (10 mai 1871), une partie du département du Haut-Rhin resta française, alors que l'Alsace fut annexée par l'Allemagne. C'est pourquoi 106 communes constituèrent une unité administrative à part : le Territoire de Belfort. Le retour de l'Alsace à la France en 1918 ne rétablit pas la situation de 1871 au point de vue administratif, car les deux parties du Haut-Rhin avaient évolué différemment (lois sociales, scolarité, etc.). Le 11 mars 1922 l'administrateur du Territoire de Belfort fut nommé préfet; le département du Territoire de Belfort prend la 90ème place dans la liste des départements; il est l'un des quatre départements de la région Franche-Comté.

Géographie

Le département est l'un des plus petits de France : superficie de 2 610 km2 . Sa population est relativement importante avec 215 habitants au km2. Son relief se compose de trois parties essentielles : au nord, les montagnes granitiques des Vosges qui atteignent 1 248 m au ballon d'Alsace, précédées de collines gréseuses ou schisteuses, dont le Salbert (647 m) au nord-ouest de Belfort; au sud, une série de plateaux calcaires qui s'élèvent progressivement vers le Jura suisse (622 m près de Villars-le-Sec); au centre, une sorte de gouttière qui draine les eaux venues du nord et du sud. C'est là que coule la Bourbeuse, formée par la Madeleine et la St-Nicolas; l'Allaine qui vient de Delle entraîne à son tour les eaux de la Bourbeuse vers le sud-ouest, quitte le Territoire, prend le nom d'Allan, va recueillir vers Sochaux les eaux de la Savoureuse, rivière de Belfort, et rejoint le Doubs à Montbéliard. Les plateaux calcaires reparaissent au nord de la gouttière, se redressent quelque peu et se terminent à Belfort par des collines ou des éperons calcaires tels que la Miotte (453 m) et celui qui domine la vieille ville avec le château. Placé dans la partie la plus resserrée de la porte de Bourgogne et d'Alsace, le Territoire de Belfort constitue donc un important carrefour : c'est là que se croisent les grands axes de Paris à Bâle, de Lyon à Strasbourg, l'autoroute A36, les voies ferrées de Paris à Bâle et de Vintimille à Strasbourg. La partie la plus déprimée (329 m au sud-ouest de la gouttière et 340 m au nord-est) est traversée par le canal du Rhône-au-Rhin, qui sera remplacé par un canal à grand gabarit, le canal Rhin-Rhône. La présence d'anciens gisements de fer avait fait naître une industrie locale active et réputée. Le repli des industries alsaciennes de la partie annexée en 1871 dans le secteur du Haut-Rhin demeuré français, a stimulé l'expansion industrielle. L'économie belfortaine est actuellement marquée par d'importantes industries de pointe (électro-mécanique, électronique). La population rurale n'atteignait pas 20 % au recensement de 1975, bien que tenant compte d'éléments ouvriers; la population active agricole a bien diminué, avec 2,2 % de la population active alors qu'elle est de 8,9 % pour la Franche-Comté et 9,3 % pour l'ensemble de la France; mais les exploitations agricoles, dont les surfaces ont augmenté par le remembrement sont modernisées et bien équipées; elles se consacrent essentiellement à la production laitière.

Arts, activités et économie

Des conditions géographiques défavorables et une histoire troublée n'ont pas permis le développement précoce des activités humaines dans la région. L'occupation sporadique de l'homme autour de Belfort, dans les premiers siècles de notre ère, a laissé quelques rares vestiges: fragment de mosaïque gallo-romaine (au musée de Belfort) trouvé à Bavilliers en 1969, bas-relief de la même époque représentant un cavalier Thrace, trouvé au 19ème dans le faubourg de Belfort (musée de Colmar). L'important cimetière de Bourgogne, découvert et fouillé au début du 20ème, a fourni entre autres un ensemble exceptionnel d'objets de parure et de bijoux richement décorés, manifestation artistique de l'époque mérovingienne (musée de Belfort). Le Moyen Age a laissé trois témoignages : l'église de St-Dizier-l'Evêque (vestiges préromans et romans) et sa remarquable collection lapidaire; l'église de Froidefontaine, reste d'un prieuré clunisien fondé au début du 12ème (choeur et partie de la nef); l'église de Bermont, dont la reconstruction au 19ème a préservé le chevet et la base du clocher de l'époque romane. Le rattachement à la France apporta une prospérité favorable à l'épanouissement des arts. Fin 17ème, des ingénieurs militaires exécutent des fortifications suivant les nouveaux tracés de Vauban (trois tours bastionnées, la porte de Brisach et son bastion, les ouvrages du château). Au 18ème Belfort, devenue place forte, s'agrandit et s'enrichit de beaux édifices : l'église St-Christophe, l'arsenal, l'hôtel Noblat, l'hôpital Ste-Barbe. Des artistes embellissent la nouvelle ville : Maréchal et Schuller, architectes et entrepreneurs; Valtrin, facteur d'orgue, auteur des grandes orgues de St-Christophe; les sculpteurs Cupillard et Glorieux dont on peut admirer les oeuvres dans de nombreux sanctuaires; Kléber, architecte de l'arrondissement de Belfort, futur général de la Révolution, qui construisit notamment l'église de Chèvremont, les clochers de Larivièse et Châtenois, la salle Kléber à Belfort, etc. Au cours du 19ème, Belfort voit naître deux peintres : Heim (1787-1865) et Dauphin (1804-1859), et deux poètes: Gabriel Vicaire (1848-1900) et Léon Deubel (1879-1913). Après 1870, les sculpteurs Bartholdi et Mercié rappellent, par des monuments dont ils ont orné la ville, le glorieux passé militaire de Belfort. Au début de ce siècle, une nouvelle expansion de Belfort a donné aux urbanistes, architectes etartistes, l'occasion de s'exprimer en embellissant la ville (quartier de la porte de France et nouveaux squares), Plus récemment, deux artistes ont animé la vie artistique belfortaine : le peintre-graveur Jean Bersier et son ami Léon Delarbre, fondateur du musée de Belfort. La vie culturelle se développe actuellement : conservatoire de musique, école des beaux arts, associations culturelles et sociétés savantes, dont l'active société belfortaine d'Emulation avec ses travaux collectifs et les ouvrages de ses sociétaires (telle la géographie du Territoire de Belfort de Schouler et Filbert).

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