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9 222 km2
479 m à St-Pierre-de-Frugie.
Périgueux : 3 arrondissements, 50 cantons, 556 communes.
386 365 hab. (recensement 1990)
Le Périgord est la région de France la plus riche en souvenirs de l'époque paléolithique, au point qu'on a pu l'appeler la capitale de la préhistoire. La région la plus anciennement habitée a été celle qui borde la Vézère, maïs de très nombreux gisements ont été étudiés dans le département. L'époque néolithique semble avoir été celle d'un peuplement moins nombreux, encore que subsistent de nombreux mégalithes et "cluzeaux" (souterrains-refuges). La tribu des Pétrucores occupait la région au moment de la romanisation qui fut assez rapide et relativement aisée. Vesuna Petrucoriorum, la capitale, avait des arènes susceptibles de recevoir 20 000 spectateurs. Dans le haut Moyen Age, les Wisigoths occupent l'Aquitaine. L'époque féodale voit se dessiner le comté héréditaire de Périgord et naître le conflit entre Capétiens et Plantagenêts. En 1259, Louis IX abandonne le pays à Henri III d'Angleterre. Après avoir hésité entre léopard et fleur de lis, le Périgord subit la guerre de Cent ans qui le dévaste et le ruine, jusqu'en 1453 (Castillon). En 1456, le comté de Périgord passe aux d'Albret; un siècle de paix relative permet au pays de reprendre souffle, mais les guerres de Religion vont de nouveau le ravager, puis la Fronde, sans compter le drame des pestes, ou les révoltes des Croquants. La Révolution apportera encore ses troubles et ses rancoeurs. L'Empire et le 19ème ramènent le calme et la prospérité. L'exode rural et la sous-industrialisation sont évidemment des causes de soucis, que le développement du tourisme n'arrive pas à combler. Restent à trouver les formules qui, utilisant au maximum l'agriculture (la fraisiculture, la pomoculture et l'élevage ont déjà fait leurs preuves) et les richesses naturelles, permettent une stabilisation de la population, trop clairsemée dans les zones rurales.
Constitué par les contreforts sud-ouest du plateau central, le Périgord est arrosé par un réseau de rivières en éventail convergeant vers Libourne : Dordogne, Vézère, Isle, Auvézère et Dronne. Une zone de schistes et de granits s'étend sur ses limites nord-est. Lui succède une bande centrale jurassique, puis une zone crétacée. La frange sud-ouest est constituée par des terrains tertiaires. Très boisé, vigoureusement sculpté, avec des vallées riches et riantes, le département juxtapose des paysages fort variés.
Nulle région de France ne peut se targuer d'être aussi riche en ce domaine, précisément parce que l'art est né au bord de la Vézère, cet art préhistorique qui s'exprime par les silex taillés, les figurations gravées, sculptées et peintes (Lascaux, Rouffignac, Les Eyzies) et cela dès le paléolithique. Le gallo-romain a laissé des traces importantes (tour de Vésonne). L'époque romane a donné au Périgord l'ensemble de ses églises : sur les 800 qu'il possède, 400 sont de fonds roman et une centaine sont vraiment romanes. On sait l'importance des églises à coupoles, si nombreuses dans le pays. L'époque gothique, puis la Renaissance, ont vu se multiplier les châteaux (il y en a plus de mille) et les demeures bourgeoises. L'époque classique a réalisé nombre de retables baroques et aussi quelques demeures fastueuses, comme le château d'Hautefort. En bref, une petite province qui est un vrai résumé d'histoire de l'art.

10 000 km2
Cours-les-Bains (coteau de Samazeuil, 163 m).
Bordeaux. 5 arrondissements. 57 cantons. 543 communes.
1 213 499 hab. (recensement 1990)
On identifie l'actuel territoire du département de la Gironde à celui qu'occupaient les peuples : Biturige, Vivisque, Vasate. Selon Strabon, le prospère établissement commercial de Burdigala existait dès le 1er avant J.-C., mais ce n'est qu'au 2ème que Bordeaux devint métropole de "l'Aquitaine seconde", puis fut érigé en archevêché au siècle suivant à la suite de l'évangélisation de la région. Jusqu'au 4ème, le Bordelais connut une prospérité notable, liée au négoce des vins. Du 5ème au 8ème suivit une période sombre : Vandales, Wisigoths, Francs et Sarrasins dévastèrent successivement le pays et prirent Bordeaux. Sous l'empire carolingien, l'Aquitaine devint un royaume avec Toulouse pour capitale, puis à partir du règne de Louis le Bègue fut ramenée au rang de duché. Au 12ème, Aliénor, fille du dernier duc d'Aquitaine, apporta la Guyenne à Henri Plantagenêt, roi d'Angleterre. Sous la suzeraineté anglaise, le Bordelais connut une ère de prospérité, ce qui explique l'attachement des habitants à la Couronne anglaise et la résistance de la ville aux Français jusqu'en 1453. Malgré une répression sévère du roi de France, Bordeaux se vit doté, dès la fin du 15ème, d'un parlement. La province fut secouée aux 16ème et 17ème par plusieurs guerres et révoltes dévastatrices, dont les guerres de Religion et la Fronde. Puis Bordeaux et sa région connurent au 18ème un véritable âge d'or. La Révolution porta un coup sensible à cette prospérité et trouva les députés locaux tout disposés à défendre logiquement les idées "girondines". Par hostilité au régime impérial, cause du blocus continental, la Gironde accueillit avec ferveur la Restauration. Sous le second Empire, le port de Bordeaux retrouva toute sa vitalité, et l'on parla d'un second âge d'or. Avec la chute de l'Empire, Bordeaux joua le rôle de capitale de la France, rôle qu'elle retrouvera en 1914 et 1940. Entre les deux guerres mondiales, Bordeaux reprit une partie de son importance avec l'empire colonial. La décolonisation porta un coup très dur à son activité. Toutefois la diversification des techniques, sa position atlantique, la présence de la métropole régionale permettent à la Gironde de rester un département d'une dimension économique importante.
Le réseau hydrographique divise le département en trois grandes unités géographiques. A l'est de la Dordogne et de la Gironde s'étend une région de vallées fertiles, coupée de coteaux abrupts de formation calcaire (Blaye et Libourne). La Dordogne et la Garonne ont donné leur nom au vaste plateau d'Entre-Deux-Mers au paysage vallonné, qui se tient entre ces deux rivières. Enfin le troisième ensemble se tient entre la Garonne et l'océan, et se prolonge au sud par les "landes girondines" et le Bazadais; la bande océanique consiste en large plaine de landes échancrée par le bassin d'Arcachon. Le long de la Gironde, puis de la Garonne, se situent les célèbres terroirs du Médoc, des Graves et du Sauternais. Au sud-est, les collines verdoyantes et boisées du Bazadais rompent la monotonie des landes latérales. Le climat, de type océanique, reste doux toute l'année, avec des hivers humides, et bénéficie d'un taux d'ensoleillement assez important.
De nombreux vestiges attestent une occupation préhistorique et gauloise, ainsi qu'une importante civilisation romaine. A l'art roman, influencé par les styles méditerranéen et saintongeais, succède un art gothique généralement tardif. L'art médiéval donne le reflet de l'histoire politique complexe de la région : on note l'influence anglaise dans l'architecture castrale. De belles réalisations d'architecture Renaissance et classique, tels que les châteaux de Vayres ou de Malle, montrent que le Bordelais ne reste pas à l'écart des grands courants artistiques des 16ème et 17ème. A partir du 18ème, l'essentiel des activités artistiques se concentre dans les centres urbains, et à Bordeaux en priorité : les intendants transforment l'ancienne cité en un ensemble classique tenu pour un modèle d'architecture et d'urbanisme. La prospérité du commerce bordelais, la politique d'embellissement de la ville se prolongent jusqu'à la fin du 18ème et de nouveaux quartiers sont créés dans le style néo-classique; ce style se poursuivra pendant tout le 19ème avec une certaine rigueur dans l'architecture urbaine, alors que le néo-gothique parsèmera le Médoc de manoirs médiévaux. Peu touché par les courants novateurs du début du 20ème, Bordeaux retrouve durant les années 1925 l'inspiration néo-classique sous l'impulsion de la politique prestigieuse de la municipalité Adrien Marquet.
9 237 km2
234 m. à Lauret.
Mont-de-Masan, 30 cantons, 331 communes.
311 461 hab. (recensement 1990)
Le département des Landes fut créé en 1790 par la réunion de petits pays (Chalosse, Marsan, Tursan, Gabardan, Marensin, Lande, Born, Orthe). Les premières traces de peuplement datent du paléolithique et sont particulièrement nombreuses en Chalosse. La colonisation gallo-romaine se concentra principalement le long du littoral et près des vallées. Les Romains exploitaient les sources thermales de Dax, alors deuxième ville d'Aquitaine. A la même époque, le christianisme édifia ses premières églises et eut ses saints martyrs (st Vincent, st Girons, st Sever, ste Quitterie). Au 13ème, les pays landais passèrent sous la suzeraineté des rois d'Angleterre, ducs d'Aquitaine, et les rivalités franco-anglaises furent marquées par la création de bastides, l'octroi de chartes, l'attribution de privilèges et de coutumes. Eprouvées par les guerres de Religion, les Landes furent définitivement rattachées à la Couronne par Henri IV. Au 19ème, le département se transforma sous l'impulsion de Brémontier, le boisement des landes incultes et la fixation des dunes furent réalisés. Le second Empire fut une période faste : Napoléon III chargea Chambrelent d'un vaste plan d'assainissement, de reboisement et d'aménagement du département; l'empereur et l'impératrice Eugénie lancèrent la vogue de certaines stations touristiques. Mais c'est au 20ème, que, grâce à la présence d'Annunzio, de Margueritte, Rosny et Maurice Martin, la côte d'Argent et ses vastes plages océanes acquirent leur notoriété.
Les trois quarts du département sont occupés par une grande plaine, essentiellement forestière, formée de sables recouvrant une couche d'argile imperméable, l'alios. Les coteaux fertiles de la Chalosse, du Tursan ou de l'Armagnac landais, au sous-sol plus diversifié, présentent un relief accidenté. L'hydrographie est le reflet de ce contraste : l'eau coule en tous sens dans la lande et s'étale pour former des lagunes ou des marais; les rivières de la Chalosse (l'Adour, les Gaves), venues des montagnes, ont un cours plus rapide et déploient leur méandres dans de larges vallées alluvionnaires. Les grands étangs sont reliés entre eux par de pittoresques "courants". L'économie basée jadis sur la sylviculture s'oriente vers le maïs, la polyculture et l'élevage (bovin et avicole) qui en est la conséquence. Le pin des Landes demeure toutefois une grande source de richesse. La découverte du pétrole a fait de Parentis le grand centre français de l'or noir. Le thermalisme est important : Eugénie-les-Bains, Préchacq, Tercis, Sabusse, et surtout Dax, deuxième ville thermale de France. Nature et vie locale Les Landes constituent la plus grande superficie boisée de France. Fragile, constamment menacée par les incendies, la forêt offre un paysage à la fois monotone, grandiose, envoûtant avec ses pins maritimes, ses chênes, son sous-bois de bruyères, de fougères et d'ajoncs dont les teintes varient avec les saisons.
La première manifestation artistique dans les Landes, et une des plus anciennes du monde est la célèbre Dame à la Capuche de Brassempouy, oeuvre d'art d'un homme préhistorique, qui figure au nombre des mille trésors de France. L'occupation romaine a laissé d'importants vestiges à Dax, ainsi que de belles mosaïques (Sorde, St-Sever). Le territoire du département compte de nombreux tucs (ouvrages défensifs), souvent difficiles à dater. L'art roman est le mieux représenté dans le département, notamment l'abbatiale de St-Sever, la crypte de St-Girons à Hagetmau, l'église de St-Paul-les-Dax, les abbayes d'Arthous et de Sorde et bien d'autres plus modestes, disséminées au coeur de la forêt et le long des routes de Compostelle. Les Landais, particulièrement pieux, ont multiplié les pèlerinages jusqu'à l'insolite (Notre-Dame de la Course landaise, Notre-Dame des Cyclistes, Notre-Dame du Rugby), et les fontaines de dévotion. Peu de châteaux ont résisté aux guerres de Cent ans et de Religion et aux troubles de la Fronde. En revanche, il subsiste un grand nombre de "caveries", demeures souvent modestes, bien qu'ayant parfois rang de château. Les guerres anglaises ont entraîné la création de "bastides", dont certaines ont gardé leur aspect médiéval (Hastingues, Labastide-d'Armagnac). Mais c'est l'habitat rural qui caractérise le mieux les Landes : maisons à colombage et torchis, basses et blanches, aux toits de tuiles rondes; bâtiments traditionnels de l'exploitation, bordes et bergeries courbes au profil si particulier.

5 864 km2
le Bel-Air, 270 m.
Agen. 4 arrondissements. 39 cantons. 326 communes.
305 989 hab. (recensement 1990)
L'Agenais, d'où le Lot-et-Garonne tire son origine, englobait avant la Révolution la presque totalité du territoire du département actuel avec en plus Sainte-Foy-la-Grande (Gironde) au nord, Condom (Gers) au sud et les environs de Moissac (Tarn-et-Garonne) à l'est. Lors de la conquête de César, Agen était la capitale de la peuplade des Nitiobroges. Placé sur un axe de circulation est-ouest, le pays fut rapidement christianisé; les martyres de st Caprais et de ste Foy à Agen, celui de st Vincent près du Mas-d'Agenais au 3ème, en fournissent la preuve. Pendant tout le 5ème, le pays resta aux mains des Wisigoths, puis, devenu comté au 8ème, il fut rattaché quelque temps à la Couronne par le mariage d'Aliénor d'Aquitaine et de Louis VII. Le remariage d'Aliénor avec Henri Plantagenêt, roi d'Angleterre, entraîna pour l'Agenais. et pendant trois siècles. les plus grandes vicissitudes (1154-1453). Les comtes de Toulouse, les rois de France et ceux d'Angleterre se le disputèrent à maintes reprises de 1189 à 1373, mais pendant les périodes d'accalmie, fondèrent plus de trente villes neuves. L'Agenais participa ensuite à toutes les guerres civiles des 16ème et 17ème. Le protestantisme s'étant rapidement développé à Nérac, Puymirol, Tonneins, Clairac, le pays servit de champ de bataille à Blaise de Montluc, au roi de Navarre, futur Henri IV, aux Ligueurs. L'édit de Nantes apporta la paix, mais la guerre reprit quelque temps après la mort d'Henri IV. En 1621-1622, Louis XIII vint prendre Clairac, Tonneins, Monheurt et fit ensuite raser ou démanteler toutes les forteresses de l'Agenais. Les guerres de la Fronde entraînèrent de nouveau des calamités et la région fut dévastée par les armées du prince de Condé et du comte d'Harcourt. L'Agenais fut peu éprouvé pendant la période révolutionnaire. Il perdit son nom, mais conserva à peu près ses anciennes limites, ce qui est rare.
Pays de plaine et de faible relief, le Lot-et-Garonne est partagé par deux grandes vallées qui lui ont donné son nom : l'ample vallée de la Garonne, redoutée par ses caprices et ses inondations, traverse le pays d'est en ouest sur 110 km; le Lot venu du nord rejoint la Garonne presque au centre du département, après un parcours de 83 km à travers une vallée relativement encaissée. La région entre Garonne et Lot est un pays de serres, aux vallons pleins de fraîcheur, aux pentes molles. Du Lot au Dropt, s'étend un terrain mollassique constitué de dépôts lacustres : "un paysage fait de molles ondulations et d'innombrables collines arrondies se perdant à l'infini les unes derrière les autres, comme le clapotis d'un lac". Au nord-est le paysage se rattache aux Causses du Quercy et aux forêts de pins et de châtaigniers du Périgord. La lande, pays plat, sablonneux, couvert de forêts de pins maritimes, et le pays de la Baïse avec ses bosquets de chênes- liège et ses vignobles, constituent l'essentiel des plateaux au sud de la Garonne.
Les petites églises de style roman abondent avec leur clocher carré ou, plus souvent, un pignon surhaussé percé d'arcades, appelé clocher-mur. Les bastides ou villes neuves sont caractéristiques : place centrale entourée d'arcades (les cornières), flanquée à un angle de l'église, d'où partent les rues tracées à angle droit. Certaines sont encore très bien conservées telles les bastides de Monflanquin, Villeréal avec sa halle centrale, Villeneuve-sur-Lot, Lamontjoie, Beauville, Puymirol et surtout Vianne, qui possède encore la totalité de ses fortifications. Il y a certes d'autres monuments plus spectaculaires : églises romane de Moirax, de Layrac, du Mas-d'Agenais avec sa "Crucifixion" due à Rembrandt. Eglises gothiques de Marmande et son cloître Renaissance. Châteaux médiévaux de Bonaguil avec son donjon en proue de navire, de Gavaudun sur son éperon rocheux, de Xaintrailles (domaine d'un des compagnons de Jeanne d'Arc), de Lauzun, de Duras qui vient d'être restauré, d'Estillac, de Nérac, de Madaillan, de Roquefère et bien d'autres. Agen a conservé ses vieux hôtels, dont l'ancien évêché (préfecture); on retiendra aussi son musée riche de souvenirs gallo-romains, ses galeries de peintures (plusieurs Goya), et ses collections de céramiques.

7 629 km2
Pic de Palas : 2 976 m
Pau. 3 arrondissements. 48 cantons. 538 communes.
578 516 hab. (recensement 1990)
Peuplé par les Venarni et les Iluronenses, le Béarn fut, sous l'occupation romaine, englobé dans la Novempopulanie. Ravagé par les invasions successives, il connut une évangélisation tardive. La vicomté de Béarn se forma au 9ème à partir du territoire relevant du diocèse de Beneharnum (Lescar) et se développa grâce aux annexions successives. D'abord vassale des ducs de Gascogne, puis des rois d'Aragon, enfin des ducs d'Aquitaine, rois d'Angleterre, la vicomté passa aux mains des comtes de Foix, vassaux du roi de France. Au 14ème, Gaston Phébus parvint à faire accepter le principe de la souveraineté du Béarn; prince fastueux, il rêvait de créer un grand Etat pyrénéen. Au 15ème, grâce au mariage du vicomte avec l'héritière de la Navarre, cet Etat vit le jour et fut enrichi au 16ème des biens immenses des d'Albret; mais il devait bientôt être amputé par les Rois Catholiques de toute la Navarre espagnole. Marguerite d'Angoulême favorisa la Réforme, dont sa fille, Jeanne d'Albret, se fit l'ardente propagatrice. Ce fut elle qui créa une académie protestante à Orthez. Au cours des guerres de Religion, le Béarn fut ravagé par les troupes catholiques de Terride, ou protestantes de Montgomery. Henri IV, en accédant au trône, se déclara roi de France et de Navarre. C'est en 1620 seulement que Louis XIII proclama la réunion officielle du Béarn à la France, installa un parlement à Pau et rétablit le catholicisme. Le Béarn connut jusqu'à la Révolution une période économique brillante, suivie d'un déclin au 19ème. Le 20ème a marqué le début d'une nouvelle ère de prospérité, caractérisée par l'adhésion la société industrielle.
Le Béarn se compose de deux régions distinctes : la montagne et son piémont. Au sud, la chaîne des Pyrénées dresse ses cimes élancées; au nord, le piémont, zone de coteaux, de collines boisées, de vallons verdoyants et de landes basses, est constitué d'alluvions. Les gaves y découpent des vallées étroites et profondes avant de s'élargir en de larges plaines. Le climat de type atlantique, doux et humide, est soumis à de fortes variations, avec prédominance des vents d'ouest. Le département a une vieille tradition agricole. L'élevage bovin et avicole domine dans le piémont, l'élevage ovin en montagne. La culture du maïs s'est intensifiée et constitue une source de richesses. La vigne produit d'excellents vins traditionnels. La découverte du aisément de gaz de Lacq a considérablement modifié le visage du Béarn, entraînant la création d'un vaste complexe pétrochimique. Les gaves fournissent l'énergie hydroélectrique. Les stations thermales sont célèbres depuis l'antiquité.
La préhistoire a parsemé le Béarn de sites habités et de tumulus. L'occupation romaine a laissé de nombreux vestiges (villas de Lalonquette, Lescar, Jurançon, Bielle, Taron). Situé au carrefour où convergent les routes vers St-Jacques-de-Compostelle, le Béarn compte un important patrimoine roman, enrichi d'influences espagnoles. L'art gothique a laissé quelques édifices imposants (Orthez, Monein, Ste-Colome). En outre de nombreuses églises de campagne, d'origine romane ou gothique, bien intégrées dans le paysage, simples et harmonieuses, conservent des restes de sculptures, de beaux retables, une porte à "cagots". De l'époque féodale subsistent la tour Moncade à Orthez, les donjons de Pau, Morlanne et Montaner, les ponts fortifiés d'Orthez et de Sauveterre. Le Béarn compte peu de véritables châteaux, mais un grand nombre de manoirs et d'abbayes laïques d'allure plus simple. Le 16ème a agrémenté la province de belles demeures Renaissance (maisons de Jeanne d'Albret à Nay, Orthez et Navarrenx). La maison béarnaise est haute, entourée de granges autour d'une cour centrale. Recouverte d'ardoise ou de tuiles plates, elle est souvent construite en galets des gaves. Dans le Vic-Bilh, elle présente un fronton. On rencontre également de beaux pigeonniers 16ème et 17ème, de vieux lavoirs et des moulins pittoresques.
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